ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak
L’imam aux mille qualités
Abū ʿAbd ar-Raḥmān ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak al-Ḥanẓalī, affranchi d’origine turque et khwārizmienne, naquit à Marw en 118 H et mourut à Hīt, sur l’Euphrate, en ramaḍān 181 H (797), au retour d’une expédition. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le shaykh al-islām, le savant de son temps, le commandeur des pieux, le ḥāfiẓ, le combattant ».
Le voyageur du savoir
Il étudia auprès d’Abū Ḥanīfa, de Mālik, de Sufyān ath-Thawrī, d’al-Awzāʿī et de plus de quatre mille maîtres selon les récits. Les traditionnistes, les juristes et les ascètes le revendiquaient tous. Ibn Mahdī disait : « Les imams sont quatre : Mālik, ath-Thawrī, Ḥammād ibn Zayd et Ibn al-Mubārak. » Il partageait son année entre le pèlerinage, le commerce et le combat aux frontières.
Le généreux
Il finançait de sa fortune les pèlerins de sa ville, payait leurs frais et leur rapportait des cadeaux. Il disait : « Si ce n’était pour cinq personnes, je ne ferais pas de commerce », c’est-à-dire les savants qu’il entretenait, comme Sufyān ath-Thawrī et al-Fuḍayl.
Le poète
Il écrivit à son ami al-Fuḍayl ibn ʿIyāḍ, resté en adoration à La Mecque, ces vers devenus célèbres :
يَا عَابِدَ الحَرَمَيْنِ لَوْ أَبْصَرْتَنَا … لَعَلِمْتَ أَنَّكَ فِي العِبَادَةِ تَلْعَبُ مَنْ كَانَ يَخْضِبُ خَدَّهُ بِدُمُوعِهِ … فَنُحُورُنَا بِدِمَائِنَا تَتَخَضَّبُ
« Ô adorateur des deux sanctuaires, si tu nous voyais, tu saurais que dans ton adoration tu ne fais que jouer. Celui qui teint sa joue de ses larmes… nos poitrines, elles, se teignent de notre sang. »
Al-Fuḍayl pleura en les lisant et dit : « Abū ʿAbd ar-Raḥmān a dit vrai, et m’a conseillé. » Les historiens discutent de l’authenticité de l’attribution, mais elle est ancienne.
Une parole
« Que de petites œuvres une intention rend grandes, et que de grandes œuvres une intention rend petites. »
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 8, n° 112.