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Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī

Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī

Savant
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Biographie

Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī (260-324 H / 874-936), théologien de Bassora, quitta le muʿtazilisme vers l’âge de quarante ans pour défendre la croyance des gens de la Sunna avec les outils du raisonnement. Il a donné son nom à l’école ashʿarite, suivie par la majorité des mālikites du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest.

Abū l-Ḥasan al-Ashʿarī

Le fondateur de l’école ashʿarite

ʿAlī ibn Ismāʿīl ibn Abī Bishr Isḥāq, Abū l-Ḥasan al-Ashʿarī, est né à Bassora en 260 H (874), ou en 270 H selon d’autres. Il est mort à Bagdad vers 324 H (936). Il descendait du compagnon Abū Mūsā al-Ashʿarī, par le gouverneur de Bassora Bilāl ibn Abī Burda. L’imam adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 15, n° 51) comme « le grand savant, l’imam des théologiens ».

Sa formation

Il étudia auprès d’Abū Khalīfa al-Jumaḥī, de Zakariyyā as-Sājī, de Sahl ibn Nūḥ et du grand maître muʿtazilite Abū ʿAlī al-Jubbāʾī. Adh-Dhahabī le décrit comme « étonnant d’intelligence et de force de compréhension ».

Du muʿtazilisme à la Sunna

Al-Ashʿarī fut longtemps l’élève et le proche d’al-Jubbāʾī, maître de l’école muʿtazilite, qui accordait à la raison la place principale dans la compréhension de la foi. Adh-Dhahabī écrit : « Quand il eut maîtrisé la doctrine muʿtazilite, il la prit en aversion et s’en désavoua. » Il monta sur la chaire de la grande mosquée de Bassora et déclara : « Je disais que le Coran est créé, que Dieu ne sera pas vu par les regards, et que je suis l’auteur du mal sans qu’il soit décrété. Je m’en repens, et je m’engage à réfuter les muʿtazilites. » Il consacra ensuite sa vie à défendre la croyance des gens de la Sunna, avec les méthodes de raisonnement du kalām.

Le débat avec al-Jubbāʾī

On rapporte un débat célèbre entre lui et al-Jubbāʾī. Les muʿtazilites affirmaient que Dieu doit faire ce qui est le plus juste pour chacun. Al-Ashʿarī répondit : « Il fait ce qu’Il veut. » Puis il demanda : « Trois frères : l’un meurt enfant, les deux autres grandissent, l’un croit et l’autre mécroit. Pourquoi l’enfant est-il mort jeune ? » Al-Jubbāʾī répondit : « Dieu savait qu’en grandissant, il mécroirait : sa mort était meilleure pour lui. » Al-Ashʿarī reprit : « Mais Dieu a laissé vivre l’autre, et il a mécru ! » Al-Jubbāʾī n’eut pas de réponse.

Ce que les savants ont dit de lui

  • Le juriste Abū Bakr aṣ-Ṣayrafī : « Les muʿtazilites avaient levé la tête, jusqu’à ce que paraisse al-Ashʿarī, qui les enferma dans des cosses de sésame. »
  • Al-Bāqillānī : « Mon meilleur état est de comprendre les paroles d’al-Ashʿarī. »
  • Adh-Dhahabī : « Il avait une intelligence extraordinaire, une science profonde, de belles choses, et de nombreux ouvrages qui témoignent de l’étendue de son savoir. » Il ajoute que plusieurs savants l’ont critiqué, et que « de chacun on prend et on laisse, sauf de celui que Dieu a préservé ».

Sa position sur les attributs divins

Adh-Dhahabī dit avoir vu quatre ouvrages d’al-Ashʿarī où il expose la doctrine des pieux prédécesseurs sur les attributs divins : « On les laisse passer tels qu’ils sont venus. » Al-Ashʿarī y écrit : « C’est ce que je dis et ce que je professe, et on ne les interprète pas. » Son livre al-Ibāna ʿan uṣūl ad-diyāna, qu’on dit être l’un de ses derniers, va dans ce sens.

Sa dernière parole

Son élève Zāhir as-Sarakhsī raconte que, chez lui à Bagdad, peu avant sa mort, al-Ashʿarī l’appela et lui dit : « Sois témoin que je ne déclare mécréant aucun des gens de la qibla. Tous se tournent vers un seul Adoré ; tout cela n’est que divergence d’expressions. » Adh-Dhahabī commente : « C’est aussi ce que je professe », et il rapporte qu’Ibn Taymiyya disait de même à la fin de sa vie.

Sa vie

Ibn Khallikān rapporte qu’il avait de l’humour. Il se contentait de peu et vivait des revenus d’une part de village, une fondation pieuse de son ancêtre Bilāl ibn Abī Burda.

Ses œuvres

Dans son livre al-ʿUmad, al-Ashʿarī cite lui-même ses ouvrages : al-Fuṣūl (une réfutation en douze livres des négateurs), al-Mūjaz, Khalq al-aʿmāl, Kitāb aṣ-Ṣifāt, ar-Ruʾya bi l-abṣār, al-Lumaʿ fī r-radd ʿalā ahl al-bidaʿ, des réfutations d’al-Jubbāʾī et d’al-Balkhī, une exégèse du Coran et bien d’autres. On lui doit aussi les Maqālāt al-islāmiyyīn, une présentation des doctrines des différents courants.

Ses élèves

Parmi ses élèves figurent Abū l-Ḥasan al-Bāhilī, Abū ʿAbd Allāh ibn Mujāhid, Bundār ibn al-Ḥusayn, Zāhir as-Sarakhsī et Abū Sahl aṣ-Ṣuʿlūkī.

Son héritage

Ses disciples et leurs successeurs, comme al-Bāqillānī, al-Juwaynī, al-Ghazālī ou Fakhr ad-Dīn ar-Rāzī, ont développé l’école ashʿarite. Elle est devenue, avec l’école māturīdite (répandue chez les ḥanafites), l’une des deux grandes écoles de théologie sunnite. Elle est suivie par une grande partie des mālikites et des shāfiʿites. Beaucoup de ḥanbalites s’en tiennent à la voie des gens du hadith, sans kalām. Au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, elle est associée au fiqh mālikite et à la voie d’al-Junayd, comme le rappelle le vers d’Ibn ʿĀshir dans al-Murshid al-muʿīn : « selon la croyance d’al-Ashʿarī, le fiqh de Mālik et la voie d’al-Junayd ».

Sa mort

Selon adh-Dhahabī, il mourut à Bagdad en 324 H (936). D’autres disent qu’il vécut jusqu’en 330 H.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 15, n° 51, qui cite notamment le Tārīkh Baghdād et Tabyīn kadhib al-muftarī d’Ibn ʿAsākir.

Photo : pages d’un manuscrit des Maqālāt al-islāmiyyīn (Bibliothèque nationale de France).

Oeuvres notables

Maqālāt al-islāmiyyīn ; Al-Ibāna ʿan uṣūl al-diyāna ; Kitāb al-Lumaʿ ; Risāla ilā ahl al-thaghr ; Istiḥsān al-khawḍ fī ʿilm al-kalām