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Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq

Personnalité historique
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Biographie

Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (v. 573-13 H / 573-634), compagnon le plus proche du Prophète ﷺ, premier homme adulte à embrasser l’islam et son compagnon dans la grotte lors de l’Hégire. Premier calife de l’islam, il maintint l’unité de la communauté après la mort du Prophète ﷺ et fit rassembler le Coran en un seul recueil.

Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq

Le premier calife et « le véridique »

Son nom est ʿAbd Allāh ibn Abī Quḥāfa ʿUthmān ibn ʿĀmir, de la tribu de Taym, branche de Quraysh. On le surnommait aussi ʿAtīq. Selon ʿĀʾisha, sa famille l’avait appelé ʿAbd Allāh, mais le surnom ʿAtīq finit par l’emporter. Ibn Maʿīn et al-Layth ibn Saʿd l’expliquent par la beauté de son visage ; d’autres y voient le mot par lequel les Arabes désignaient ce qui atteint la perfection. Il naquit environ deux ans après l’année de l’Éléphant et mourut à Médine en 13 H (634), au même âge que le Prophète ﷺ : soixante-trois ans.

Adh-Dhahabī ouvre son Siyar aʿlām an-nubalāʾ par une partie consacrée aux califes bien guidés. Il y décrit Abū Bakr comme un homme mince, au teint clair, aux yeux enfoncés, qui teignait sa barbe au henné et au katam. Il était le meilleur connaisseur des généalogies de Quraysh et un commerçant estimé, qui voyagea plusieurs fois jusqu’à Buṣrā, en Syrie.

Le premier à croire

Abū Bakr fut le premier homme adulte à embrasser l’islam. Selon ʿUrwa ibn az-Zubayr, il possédait alors quarante mille dinars, qu’il dépensa pour le Prophète ﷺ et pour la cause de Dieu, notamment pour racheter des esclaves persécutés à cause de leur foi, comme Bilāl. Le Prophète ﷺ disait : « Aucun bien ne m’a été aussi utile que celui d’Abū Bakr. »

ʿĀʾisha rapporte qu’il ne composa jamais de poésie, ni avant ni après l’islam, et qu’il avait renoncé au vin dès l’époque préislamique.

Le compagnon de la grotte

Lors de l’Hégire, Abū Bakr accompagna seul le Prophète ﷺ et se cacha avec lui trois nuits dans la grotte de Thawr. Le Coran y fait allusion : « le second de deux, quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon : “Ne t’afflige pas, Dieu est avec nous” » (sourate at-Tawba, 9:40). Son fils ʿAbd Allāh leur apportait de nuit les nouvelles de Quraysh, et sa fille Asmāʾ leur apportait de la nourriture.

L’ami le plus proche

Dans un hadith rapporté par al-Bukhārī et Muslim, le Prophète ﷺ dit : « L’homme qui m’a le plus soutenu par sa compagnie et par ses biens est Abū Bakr. Si je devais prendre un ami intime (khalīl), je prendrais Abū Bakr ; mais il y a entre nous la fraternité de l’islam. »

À ʿAmr ibn al-ʿĀṣ qui lui demandait qui il aimait le plus parmi les hommes, il répondit : « Abū Bakr. » Quand il fut malade, il ordonna qu’Abū Bakr dirige la prière à sa place.

Le Prophète ﷺ le défendit aussi devant les autres compagnons après une dispute avec ʿUmar : « Allez-vous laisser en paix mon compagnon ? Je vous ai dit : “Ô gens, je suis le Messager de Dieu envoyé à vous tous.” Vous avez dit : “Tu mens”, et Abū Bakr a dit : “Tu dis vrai.” » D’où son surnom d’aṣ-Ṣiddīq, « celui qui confirme la vérité ». Abū Bakr ibn ʿAyyāsh faisait remarquer que le Coran appelle les émigrés « les véridiques » (59:8) et que ce sont eux qui l’ont appelé « successeur du Messager de Dieu ».

Le choix du calife

À la mort du Prophète ﷺ, les Anṣār se réunirent dans le préau des Banū Sāʿida et proposèrent : « Un chef parmi nous et un chef parmi vous. » ʿUmar leur rappela que le Prophète ﷺ avait confié la prière à Abū Bakr, et ils répondirent : « Que Dieu nous garde de passer devant Abū Bakr ! » ʿAlī et az-Zubayr dirent plus tard : « Nous considérons qu’Abū Bakr est le plus digne de ce rôle après le Messager de Dieu ﷺ. C’est le compagnon de la grotte. »

Devenu calife, il voulut continuer son commerce pour nourrir sa famille. ʿUmar et Abū ʿUbayda lui firent attribuer une allocation modeste, celle d’un émigré ordinaire. ʿĀʾisha rapporte qu’en prenant le califat, il versa au Trésor public tout ce qu’il possédait en dinars et en dirhams.

La fermeté pendant l’apostasie

Après la mort du Prophète ﷺ, de nombreuses tribus arabes renièrent l’islam ou refusèrent de payer la zakāt. ʿUmar lui conseilla la prudence. Abū Bakr répondit :

« والله لو منعوني عقالًا كانوا يؤدّونه إلى رسول الله ﷺ لقاتلتهم على منعه » « Par Dieu, s’ils me refusaient ne serait-ce qu’une corde d’entrave qu’ils remettaient au Messager de Dieu ﷺ, je les combattrais pour ce refus. Je combattrai quiconque sépare la prière de la zakāt. »

ʿUmar reconnut ensuite : « J’ai vu que Dieu avait ouvert le cœur d’Abū Bakr à ce combat, et j’ai su que c’était la vérité. » ʿĀʾisha disait : « Si ce qui s’est abattu sur mon père s’était abattu sur des montagnes, il les aurait brisées. »

Le rassemblement du Coran

Après la bataille d’al-Yamāma, où moururent de nombreux mémorisateurs du Coran, Abū Bakr ordonna, sur le conseil de ʿUmar, de réunir le texte coranique en un seul recueil. Zayd ibn Thābit fut chargé de ce travail. ʿAlī disait : « Celui qui aura la plus grande récompense pour les muṣḥafs est Abū Bakr : il fut le premier à rassembler le Coran entre deux couvertures. » Adh-Dhahabī juge cette chaîne de transmission bonne.

Son humilité devant ses propres décisions

À la fin de sa vie, Abū Bakr regrettait certaines de ses décisions et aurait aimé avoir interrogé le Prophète ﷺ sur plusieurs questions, notamment la part des Anṣār dans le pouvoir et certains cas d’héritage. Cette franchise sur ses propres doutes fait partie de ce que les savants ont retenu de lui.

Sa mort et sa succession

Il tomba malade après un bain par une journée froide et eut la fièvre quinze jours. Pendant ce temps, ʿUmar dirigeait la prière. Avant de choisir son successeur, il consulta ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, ʿUthmān et d’autres compagnons. ʿUthmān lui dit de ʿUmar : « Ce qu’il cache est meilleur que ce qu’il montre, et il n’y a parmi nous personne comme lui. » Il désigna alors ʿUmar par écrit.

Il mourut le soir du mardi 22 jumādā l-ākhira 13 H (août 634), après un califat d’environ deux ans et trois mois. Il fut enterré à côté du Prophète ﷺ, dans la chambre de ʿĀʾisha.

ʿAlī disait du haut de la chaire de Kūfa : « Le meilleur de cette communauté après son Prophète est Abū Bakr, puis ʿUmar. »

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, partie « Sīrat al-khulafāʾ ar-rāshidīn ».

Oeuvres notables

Aucun livre. Ses sermons, ses lettres et ses recommandations sont rapportés dans les recueils de hadith et d’histoire.