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Abū Dharr al-Ghifārī

Personnalité historique
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Biographie

Abū Dharr al-Ghifārī (m. 32 H / 652), l’un des tout premiers musulmans, qui proclama sa foi devant les Quraysh et fit entrer sa tribu de Ghifār dans l’islam. Le Prophète ﷺ le décrivit comme l’homme le plus véridique. Modèle de détachement, il critiqua l’accumulation des richesses et mourut seul à ar-Rabadha.

Abū Dharr al-Ghifārī

La voix de la vérité et du détachement

Abū Dharr Jundub ibn Junāda al-Ghifārī, de la tribu bédouine de Ghifār, mourut seul dans le désert d’ar-Rabadha, près de Médine, en 32 H (652). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 2, n° 10) comme « l’un des tout premiers croyants, parmi l’élite des compagnons de Muḥammad ﷺ ». Il ajoute : « Il était un modèle dans le détachement, la sincérité, la science et la pratique ; il disait la vérité sans craindre le blâme de quiconque, avec une certaine vivacité. »

Le cinquième musulman

Ayant entendu parler du Prophète ﷺ, Abū Dharr se rendit à La Mecque et embrassa l’islam. On dit qu’il fut le cinquième. Le jour même, il proclama sa foi devant les Quraysh rassemblés près de la Kaʿba, et fut roué de coups jusqu’à ce qu’al-ʿAbbās le protège, en rappelant aux Quraysh que les caravanes passaient par les terres de Ghifār. Le Prophète ﷺ le renvoya auprès des siens. Il y fit entrer la moitié de sa tribu dans l’islam, puis rejoignit le Prophète ﷺ à Médine après la bataille du Fossé et ne le quitta plus.

« Ô Mes serviteurs »

C’est Abū Dharr qui transmit l’un des plus beaux hadiths divins (qudsī), que Muslim a recueilli et qu’adh-Dhahabī cite dans sa notice :

يَا عِبَادِي، إِنِّي حَرَّمْتُ الظُّلْمَ عَلَى نَفْسِي، وَجَعَلْتُهُ بَيْنَكُمْ مُحَرَّمًا، فَلَا تَظَالَمُوا

« Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice et Je l’ai rendue illicite entre vous : ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres. Ô Mes serviteurs, vous commettez des fautes nuit et jour, et c’est Moi qui pardonne tous les péchés : demandez-Moi pardon, Je vous pardonnerai… »

La sincérité de sa parole

Le Prophète ﷺ disait : « Ni le ciel n’a ombragé, ni la terre n’a porté un homme plus véridique qu’Abū Dharr. » (at-Tirmidhī) Il l’aimait mais le connaissait bien : quand Abū Dharr lui demanda une charge, il lui répondit : « Abū Dharr, tu es faible, et c’est un dépôt de confiance. Au Jour de la Résurrection, ce sera honte et regret, sauf pour celui qui l’aura prise à juste titre et en aura rempli les devoirs. » (Muslim)

Ses positions sur l’argent

Abū Dharr comprenait de façon très stricte le verset : « Ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans la voie de Dieu, annonce-leur un châtiment douloureux » (9:34). Il pensait qu’il fallait donner tout ce qui dépassait le nécessaire. Shaddād ibn Aws expliquait : « Abū Dharr entendait du Prophète ﷺ un enseignement sévère et partait chez les siens ; ensuite, le Prophète ﷺ accordait une facilité qu’Abū Dharr n’avait pas entendue, et il restait attaché à la règle sévère. » La majorité des compagnons et les quatre écoles considèrent que le bien sur lequel on paie la zakāt n’est pas un « trésor » blâmable.

Installé en Syrie, il critiqua ouvertement les riches et les gouverneurs. Muʿāwiya, inquiet, écrivit à ʿUthmān, qui le fit venir à Médine. ʿUthmān l’accueillit en disant : « Bienvenue à mon frère. » Abū Dharr répondit : « Bienvenue à mon frère », et ajouta : « Si tu m’ordonnais de marcher à quatre pattes, je le ferais autant que je le pourrais. » Il demanda de lui-même à s’installer à ar-Rabadha, conformément à ce que le Prophète ﷺ lui avait conseillé.

Une mort solitaire

Le Prophète ﷺ avait dit de lui lors de l’expédition de Tabūk, en le voyant arriver seul derrière l’armée : « Que Dieu fasse miséricorde à Abū Dharr : il marche seul, il mourra seul et il sera ressuscité seul. » Il mourut à ar-Rabadha avec sa femme et sa fille pour seuls compagnons. Un groupe de voyageurs passa par là, dont ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, qui pleura en le reconnaissant et pria sur lui.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 10.

Oeuvres notables

Aucun livre. Il a transmis le célèbre hadith qudsī « Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice » (Muslim).