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Abū Hurayra

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Biographie

Abū Hurayra ad-Dawsī (m. v. 58 H / 678), compagnon yéménite arrivé à Médine en 7 H, resté jour et nuit auprès du Prophète ﷺ. Il est le compagnon qui a rapporté le plus de hadiths (plus de 5 000), grâce à une mémoire exceptionnelle. Adh-Dhahabī le qualifie de « maître des mémorisateurs ».

Abū Hurayra

Le gardien de la Sunna

Abū Hurayra ad-Dawsī, de la tribu yéménite de Daws, s’appelait selon l’avis le plus probable ʿAbd ar-Raḥmān ibn Ṣakhr ; on cite pour lui une trentaine de noms différents. Avant l’islam, il se serait appelé ʿAbd Shams. Il mourut à Médine (ou à al-ʿAqīq) en 57, 58 ou 59 H (677-679), vers soixante-dix-huit ans. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 2, n° 126) comme « l’imam, le juriste, le mujtahid, le ḥāfiẓ, le compagnon du Messager de Dieu ﷺ, le maître des mémorisateurs les plus sûrs ».

« Le père du petit chat »

Il raconte lui-même l’origine de son surnom : « J’avais trouvé des petits d’un chat sauvage, je les ai pris dans ma manche, et c’est ainsi qu’on m’a surnommé. » Abū Hurayra signifie « le père du petit chat ».

Quatre années auprès du Prophète ﷺ

Il embrassa l’islam par l’intermédiaire d’aṭ-Ṭufayl ibn ʿAmr, chef de Daws, et arriva à Médine en 7 H, pendant l’expédition de Khaybar. Pauvre, il vécut parmi les « gens de la Ṣuffa », les compagnons démunis qui logeaient dans un abri de la mosquée. Il resta près du Prophète ﷺ jour et nuit, sans commerce ni terre qui l’occupent, et apprit en quatre ans plus que bien d’autres en vingt.

Il expliquait : « Vous dites qu’Abū Hurayra rapporte beaucoup de hadiths… Mes frères émigrés étaient occupés au marché, et mes frères anṣār par leurs biens. Moi, j’étais un pauvre homme qui suivait le Messager de Dieu ﷺ pour remplir mon ventre. J’étais présent quand ils étaient absents, et je retenais quand ils oubliaient. » (al-Bukhārī)

Une mémoire bénie

Il se plaignit un jour d’oublier. Le Prophète ﷺ lui dit d’étendre son manteau, y fit un geste des mains, puis lui dit de le serrer contre lui. « Après cela, je n’ai plus rien oublié », racontait Abū Hurayra. (al-Bukhārī et Muslim) Le gouverneur Marwān voulut le mettre à l’épreuve : il lui fit réciter des hadiths en cachant un scribe, puis l’interrogea un an plus tard sur les mêmes textes. Abū Hurayra les répéta sans changer une lettre.

On lui attribue cinq mille trois cent soixante-quatorze hadiths, dont plus de trois cents dans les deux Ṣaḥīḥ. Selon al-Bukhārī, plus de huit cents compagnons et tābiʿūn ont appris de lui. Adh-Dhahabī le défend avec force contre ceux qui ont mis en doute sa fiabilité : la communauté entière, dans les quatre écoles, s’appuie sur ses récits.

Un homme humble

Il avait connu une faim extrême : il racontait s’être évanoui entre la chaire et la chambre de ʿĀʾisha, et les passants le croyaient malade. Plus tard, nommé gouverneur de Médine, il portait lui-même du bois sur son dos et disait aux passants en riant : « Faites place à l’émir ! » Il partageait la nuit avec sa femme et son serviteur en trois tiers pour la prière. Il était aussi très attaché à sa mère, qu’il amena à l’islam grâce à une invocation du Prophète ﷺ.

Son dernier mot

Malade, il pleurait. On lui demanda pourquoi. Il répondit : « Je ne pleure pas sur votre monde, mais sur la longueur du voyage et la maigreur de la provision. Je me trouve au pied d’une pente qui mène soit au Paradis, soit au Feu, et je ne sais pas laquelle des deux m’attend. »

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 126.

Oeuvres notables

Aucun livre. 5 374 hadiths lui sont attribués ; la ṣaḥīfa de son élève Hammām ibn Munabbih en conserve une partie.