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Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ

Personnalité historique
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Biographie

Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ (v. 40 av. H-18 H / 583-639), l’un des dix compagnons à qui le Paradis fut annoncé, surnommé par le Prophète ﷺ « le dépositaire de confiance de cette communauté ». Commandant des armées musulmanes en Syrie sous ʿUmar, il mourut de la peste d’ʿAmwās auprès de ses soldats.

Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ

« Le dépositaire de confiance de cette communauté »

Abū ʿUbayda ʿĀmir ibn ʿAbd Allāh ibn al-Jarrāḥ al-Qurashī al-Fihrī, de La Mecque, rejoint le Prophète ﷺ dans la généalogie au niveau de leur ancêtre Fihr. Il mourut en Syrie lors de la peste d’ʿAmwās en 18 H (639), à cinquante-huit ans. Adh-Dhahabī ouvre le premier volume de Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 1, n° 1) par sa biographie : « l’un des tout premiers croyants, celui qu’Abū Bakr voulait voir calife et qu’il proposa le jour du préau des Banū Sāʿida, tant il le jugeait digne. Le Prophète ﷺ lui annonça le Paradis et l’appela le dépositaire de confiance de la communauté. »

On le décrit grand, mince, le visage émacié, la barbe légère, un peu voûté, et il lui manquait les deux incisives.

Un croyant de la première heure

Il embrassa l’islam avec ʿUthmān ibn Maẓʿūn, ʿUbayda ibn al-Ḥārith, ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf et Abū Salama, avant même que le Prophète ﷺ ne s’installe dans la maison d’al-Arqam. Il émigra en Abyssinie puis à Médine.

Badr et Uḥud

À Badr, il se retrouva face à son propre père, resté polythéiste, et le tua. Les commentateurs rattachent à cet épisode le verset : « Tu ne trouveras pas de gens qui croient en Dieu et au Jour dernier prendre pour amis ceux qui s’opposent à Dieu et à Son Messager, fussent-ils leurs pères… » (58:22).

À Uḥud, deux anneaux du casque du Prophète ﷺ s’étaient enfoncés dans sa joue. Abū ʿUbayda les retira avec ses dents, et perdit ses deux incisives. On disait de lui : « On n’a jamais vu personne de plus beau avec des dents cassées. »

Le dépositaire de confiance

Le Prophète ﷺ dit : « Chaque communauté a son dépositaire de confiance, et le dépositaire de confiance de cette communauté est Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ. » (al-Bukhārī et Muslim) Quand les chrétiens de Najrān demandèrent un homme sûr pour les accompagner, il dit : « Je vous enverrai un homme vraiment digne de confiance. » Les compagnons espéraient tous être choisis, et il choisit Abū ʿUbayda.

ʿĀʾisha, interrogée sur ceux que le Prophète ﷺ aimait le plus, cita Abū Bakr, puis ʿUmar, puis Abū ʿUbayda. Le jour de la Saqīfa, Abū Bakr proposa ʿUmar ou Abū ʿUbayda. Plus tard, ʿUmar disait : « Si Abū ʿUbayda était encore vivant, je l’aurais désigné comme successeur. »

Le commandant détaché du monde

ʿUmar le nomma commandant des armées de Syrie, à la place de Khālid ibn al-Walīd. Il mena la conquête de Damas, de Ḥimṣ et d’autres villes. Lors de sa visite en Syrie, ʿUmar demanda à voir sa maison. Il n’y trouva qu’une épée, un bouclier et une selle. Il lui dit : « Tu aurais pu prendre quelque chose. » Abū ʿUbayda répondit : « Ô Commandeur des croyants, cela me suffira pour arriver à ma demeure. » ʿUmar pleura : « Le monde nous a tous changés, sauf toi, Abū ʿUbayda. »

La peste d’ʿAmwās

Quand la peste éclata, ʿUmar lui écrivit pour le faire venir sous un prétexte, afin de le sauver. Abū ʿUbayda comprit et refusa d’abandonner ses soldats : « Je suis au milieu d’une armée de musulmans, et je ne veux pas me séparer d’eux. » Il mourut de la peste en 18 H, et Muʿādh ibn Jabal lui succéda à la tête de l’armée.

Adh-Dhahabī le cite comme modèle de l’ascète intègre, à côté de ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, « le riche reconnaissant ». Il ne rapporta que peu de hadiths : un seul dans le Ṣaḥīḥ de Muslim et une quinzaine dans le Musnad de Baqī ibn Makhlad.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 1, n° 1.

Oeuvres notables

Aucun livre. Une quinzaine de hadiths lui sont attribués.