Ḥafṣa bint Sīrīn
La juriste de Baṣra
Umm al-Hudhayl Ḥafṣa bint Sīrīn al-Anṣāriyya, sœur de Muḥammad ibn Sīrīn, vécut à Baṣra et mourut après l’an 100 H (718), à environ soixante-dix ans. Adh-Dhahabī lui donne dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ le titre de « al-faqīha », la juriste.
Une savante reconnue
Elle apprit le Coran par cœur à douze ans. Elle rapporta les hadiths d’Umm ʿAṭiyya, la compagne qui lavait les défuntes au temps du Prophète ﷺ, ceux d’Anas ibn Mālik, maître de sa famille, et d’Abū l-ʿĀliya. Son propre frère, Muḥammad ibn Sīrīn, rapportait d’elle, ainsi que Qatāda, Ayyūb, Khālid al-Ḥadhdhāʾ, Ibn ʿAwn et Hishām ibn Ḥassān.
Le juge Iyās ibn Muʿāwiya, célèbre pour son intelligence, disait : « Je n’ai rencontré personne que je lui préfère. » On lui cita al-Ḥasan al-Baṣrī et Ibn Sīrīn ; il répondit : « Moi, je ne lui préfère personne. »
Une référence en fiqh féminin
Le hadith d’Umm ʿAṭiyya sur la toilette mortuaire de la fille du Prophète ﷺ, que l’on lave « trois, cinq ou sept fois », passe par Ḥafṣa et son frère. C’est aussi par elle que nous est parvenu le hadith qui autorise les femmes, même en période de menstrues, à assister à la prière de l’Aïd en se tenant à l’écart du lieu de prière. Les quatre écoles s’appuient sur ces récits.
Une vie de prière
Mahdī ibn Maymūn rapporte : « Ḥafṣa bint Sīrīn resta trente ans sans quitter son lieu de prière, sauf pour la sieste ou pour un besoin. » Elle lisait la moitié du Coran chaque nuit. Quand son fils al-Hudhayl mourut, elle s’accrocha à la patience, et disait qu’elle trouvait dans un verset du Coran la consolation de sa peine.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 4, n° 198.