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ʿĀʾisha bint Abī Bakr

Savant
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Biographie

ʿĀʾisha bint Abī Bakr (m. 58 H / 678), épouse du Prophète ﷺ et fille d’Abū Bakr, mère des croyants. Innocentée par le Coran de la calomnie, elle fut l’une des plus grandes savantes de l’islam : plus de deux mille hadiths et de nombreux avis juridiques sont rapportés d’elle, et les compagnons venaient l’interroger.

ʿĀʾisha bint Abī Bakr

La mère des croyants, la plus grande savante de la communauté

Umm ʿAbd Allāh ʿĀʾisha bint Abī Bakr aṣ-Ṣiddīq, fille d’Umm Rūmān, naquit à La Mecque environ quatre ou cinq ans après le début de la révélation. Elle mourut à Médine en ramaḍān 57 ou 58 H (678) et fut enterrée de nuit à al-Baqīʿ ; Abū Hurayra pria sur elle. Adh-Dhahabī la présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 2, n° 19) comme « la mère des croyants, l’épouse du Prophète ﷺ, la femme la plus savante en fiqh de toute la communauté, sans exception ».

Épouse du Prophète ﷺ

Le Prophète ﷺ l’épousa à La Mecque après la mort de Khadīja, et la vie commune commença à Médine en shawwāl 2 H, après Badr. Les récits rapportés par al-Bukhārī et Muslim, que reprend adh-Dhahabī, lui donnent alors neuf ans. Il n’épousa aucune autre vierge qu’elle. Elle vécut avec lui environ neuf ans et resta veuve près d’un demi-siècle. Le Prophète ﷺ mourut dans sa chambre, la tête posée contre elle, et y fut enterré.

Interrogé par ʿAmr ibn al-ʿĀṣ sur la personne qu’il aimait le plus, le Prophète ﷺ répondit : « ʿĀʾisha. — Et parmi les hommes ? — Son père. » (al-Bukhārī et Muslim) Il disait : « La supériorité de ʿĀʾisha sur les autres femmes est comme celle du tharīd sur les autres plats. »

L’épreuve de la calomnie

En 5 ou 6 H, au retour d’une expédition, des hypocrites l’accusèrent injustement. Pendant un mois, la rumeur courut. ʿĀʾisha, malade, pleurait jour et nuit et disait : « Je ne trouve pour moi et pour vous que l’exemple du père de Joseph : “Belle patience ! C’est Dieu dont on implore le secours” » (12:18). Puis Dieu révéla dix versets de la sourate an-Nūr qui la déclarèrent innocente (24:11-20). Le Prophète ﷺ, souriant, lui dit : « ʿĀʾisha, Dieu t’a innocentée. » Sa mère lui dit : « Lève-toi pour le remercier. » Elle répondit : « Par Dieu, je ne me lèverai pas pour lui, et je ne louerai que Dieu. »

Adh-Dhahabī souligne aussi l’attitude de Zaynab bint Jaḥsh, sa rivale parmi les épouses : interrogée, elle dit : « Je préserve mon ouïe et ma vue : je ne sais d’elle que du bien. » Abū Bakr, qui avait cessé d’aider Misṭaḥ, l’un des calomniateurs, reprit son aide après le verset : « Ne voulez-vous pas que Dieu vous pardonne ? » (24:22)

La savante des compagnons

ʿĀʾisha est, avec Abū Hurayra, Ibn ʿUmar, Anas et Ibn ʿAbbās, parmi les compagnons qui ont le plus transmis : on lui attribue plus de deux mille deux cents hadiths. La liste de ceux qui ont appris d’elle, que donne adh-Dhahabī, occupe plusieurs pages : des compagnons comme Ibn ʿUmar et Ibn ʿAbbās, et des tābiʿūn comme ʿUrwa ibn az-Zubayr, son neveu, al-Qāsim ibn Muḥammad, Saʿīd ibn al-Musayyib, Masrūq et ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān.

  • Abū Mūsā al-Ashʿarī : « Chaque fois qu’un hadith nous posait problème, à nous les compagnons, et que nous interrogions ʿĀʾisha, nous trouvions auprès d’elle une science à ce sujet. » (at-Tirmidhī)
  • ʿUrwa : « Je n’ai vu personne de plus savant en Coran, en obligations, en licite et illicite, en poésie, en histoire des Arabes et en généalogie que ʿĀʾisha. »
  • Az-Zuhrī : « Si l’on réunissait la science de ʿĀʾisha à celle de toutes les épouses du Prophète ﷺ et de toutes les femmes, celle de ʿĀʾisha l’emporterait. »

Elle corrigeait aussi les compagnons quand elle les jugeait dans l’erreur ; az-Zarkashī en a fait un livre entier (al-Ijāba). Les quatre écoles s’appuient constamment sur ses récits, notamment pour la prière, la purification, le jeûne et la vie familiale.

Sa générosité

Elle distribuait tout ce qu’elle recevait. Un jour, elle reçut cent mille dirhams et les distribua dans la journée, alors qu’elle jeûnait. Sa servante lui dit : « Tu aurais pu garder un dirham pour acheter de la viande pour ta rupture du jeûne. » Elle répondit : « Si tu me l’avais rappelé, je l’aurais fait. »

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 19.

Oeuvres notables

Aucun livre. Plus de 2 200 hadiths lui sont attribués ; az-Zarkashī a réuni ses corrections aux compagnons (al-Ijāba).