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Al-Ḥarīrī

Al-Ḥarīrī

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Biographie

Al-Ḥarīrī (1054-1122), écrivain et grammairien de Bassora, est l’auteur des Maqāmāt, cinquante récits en prose rimée racontant les ruses éloquentes d’Abū Zayd al-Sarūjī. Chef-d’œuvre de virtuosité de la langue arabe, le livre fut appris et commenté pendant des siècles.

Al-Ḥarīrī

Le maître de la prose rimée

Abū Muḥammad al-Qāsim ibn ʿAlī al-Ḥarīrī est né près de Bassora, en Irak, en 1054, et y est mort en 1122. Il était fonctionnaire de l’administration et grammairien réputé.

Les Maqāmāt

Les Maqāmāt (« Les Séances ») sont cinquante récits courts, écrits en prose rimée (sajʿ) mêlée de poèmes. Le narrateur, al-Ḥārith ibn Hammām, rencontre dans différentes villes un vieil homme éloquent et rusé, Abū Zayd al-Sarūjī, qui gagne sa vie grâce à sa parole : prédications, énigmes, plaidoiries, poèmes. Le livre est rempli de jeux de mots, de mots rares et de prouesses linguistiques : certains passages se lisent dans les deux sens, d’autres n’utilisent que des lettres sans points.

Un livre d’école

Pendant des siècles, les Maqāmāt furent appris par cœur pour maîtriser la langue arabe classique, et de nombreux commentaires en expliquent le vocabulaire. Les manuscrits illustrés, en particulier celui peint par Yaḥyā al-Wāsiṭī en 1237, comptent parmi les trésors de la peinture arabe.

Autres ouvrages

Mulḥat al-iʿrāb est un poème de grammaire ; Durrat al-ghawwāṣ corrige les fautes de langue courantes de son époque.

Ce que rapporte le Siyar

Adh-Dhahabī le présente comme « le savant brillant, maître des deux éloquences », celle de la prose et celle de la poésie. Né à al-Mashān, près de Bassora, al-Ḥarīrī étudia la langue et la littérature, et le fiqh shāfiʿite auprès d'Ibn aṣ-Ṣabbāgh et d'Abū Isḥāq ash-Shīrāzī. Il apprit aussi le droit successoral. Il composa Durrat al-ghawwāṣ sur les fautes des lettrés, la Mulḥa sur la grammaire avec son commentaire, et un recueil d'épîtres. « Les plus éloquents s'inclinèrent devant sa prose et sa poésie. »

Il raconte lui-même l'origine des Maqāmāt. Un vieux mendiant, aussi éloquent que rusé, se présenta un jour dans la mosquée des Banū Ḥarām à Bassora. Ses auditeurs découvrirent qu'il avait joué la même scène dans d'autres mosquées sous des apparences différentes. Ce personnage devint Abū Zayd as-Sarūjī. Quant au narrateur al-Ḥārith ibn Hammām, al-Ḥarīrī le nomma ainsi d'après le hadith « Vous êtes tous ḥārith et hammām », c'est-à-dire « celui qui gagne » et « celui qui se soucie ».

Adh-Dhahabī mentionne aussi une anecdote moins flatteuse. À Bagdad, invité par le vizir à rédiger une lettre sur le champ, il resta bloqué, sans doute impressionné. De retour chez lui, il compléta ses Maqāmāt jusqu'au nombre de cinquante.

Il possédait, dit-on, dix-huit mille palmiers. Il mourut à Bassora le 6 rajab 516 H, à soixante-dix ans, laissant deux fils, dont l'un fut cadi de Bassora.

Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 19, n° 268.

Photo : illustration d’un manuscrit des Maqāmāt.

Oeuvres notables

Al-Maqāmāt ; Mulḥat al-iʿrāb ; Durrat al-ghawwāṣ fī awhām al-khawāṣṣ