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Al-Ḥasan al-Baṣrī

Savant
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Biographie

Al-Ḥasan al-Baṣrī (21-110 H / 642-728), tābiʿī né à Médine, élevé dans l’entourage d’Umm Salama, devenu le grand savant et prédicateur de Baṣra. Juriste, exégète et maître des ascètes, il est célèbre pour ses sermons sur la mort, l’hypocrisie et la pureté du cœur.

Al-Ḥasan al-Baṣrī

Le maître des ascètes de Baṣra

Abū Saʿīd al-Ḥasan ibn Abī l-Ḥasan Yasār, affranchi d’une famille des Anṣār, naquit à Médine deux ans avant la fin du califat de ʿUmar (21 H / 642) et mourut à Baṣra au début de rajab 110 H (728), vers quatre-vingt-huit ans. Son père, Yasār, était un captif de Maysān, en Irak, affranchi à Médine. Sa mère, Khayra, était au service d’Umm Salama, mère des croyants. Adh-Dhahabī lui consacre une longue notice dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 4, n° 223).

Une enfance dans la maison d’Umm Salama

On rapporte que, lorsqu’il pleurait enfant pendant que sa mère faisait des courses, Umm Salama le consolait. On l’amenait aux compagnons, qui invoquaient pour lui. ʿUmar aurait dit : « Ô Dieu, donne-lui la compréhension de la religion, et fais-le aimer des gens. » Adh-Dhahabī précise que ce récit est transmis sans chaîne complète. Il grandit à Wādī l-Qurā, assista enfant à la prière du vendredi derrière ʿUthmān et était présent, à quatorze ans, le jour où sa maison fut assiégée.

Le prédicateur de Baṣra

Installé à Baṣra, il y rencontra de nombreux compagnons, dont Anas ibn Mālik et Samura ibn Jundub. Il devint le grand savant et le grand prédicateur de la ville. Ses sermons sur la mort, le jugement et l’hypocrisie étaient célèbres pour leur éloquence : on disait que sa parole ressemblait à celle des prophètes. Il fut aussi un juriste, un exégète du Coran et un transmetteur de hadiths ; plusieurs lecteurs le comptent parmi les lecteurs du Coran.

Quelques paroles

  • « Ô fils d’Adam, tu n’es qu’un ensemble de jours : chaque fois qu’un jour s’en va, une partie de toi s’en va. »
  • « Le croyant est sous le poids de la tristesse, matin et soir. »
  • « Je n’ai jamais vu une certitude dont on ne doute pas qui ressemble plus à un doute dont on ne s’inquiète pas que la mort. »
  • Sur l’hypocrisie : « Seul le croyant la craint, et seul l’hypocrite s’en croit à l’abri. »

Face au pouvoir

Il critiquait les gouverneurs injustes, notamment al-Ḥajjāj, mais refusait de prendre les armes contre eux, de peur de la discorde. Quand des gens vinrent lui demander de soutenir une révolte, il répondit : « Al-Ḥajjāj est un châtiment de Dieu ; ne repoussez pas le châtiment de Dieu par vos épées, mais par l’humilité et la supplication. »

Le hadith et la critique

Adh-Dhahabī précise que les critiques divergent sur la valeur de ses hadiths transmis par Samura, une cinquantaine environ. Il est établi qu’il entendit de Samura le hadith de la ʿaqīqa. Ses hadiths mursal sont jugés faibles par plusieurs spécialistes, car il rapportait de tout le monde. Les juristes des quatre écoles citent pourtant constamment ses avis, que at-Tirmidhī et Ibn al-Mundhir ont conservés.

Sa mort

Il mourut un vendredi. Toute la ville suivit son cortège, si bien que la prière de l’ʿaṣr ne put être célébrée dans la grande mosquée, faute de fidèles. On rapporte qu’il se réveilla d’un évanouissement en disant : « Vous m’avez réveillé de jardins, de sources et d’une demeure noble. » Son ami Ibn Sīrīn ne lui survécut que cent jours.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 4, n° 223.

Oeuvres notables

Aucun livre authentifié. Ses sermons, ses avis et son exégèse sont rapportés par ses élèves et dans les grands recueils.