Al-Ḥasan ibn ʿAlī
Le petit-fils du Prophète ﷺ et le faiseur de paix
Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib al-Hāshimī, fils de Fāṭima, naquit à Médine en shaʿbān ou au milieu de ramaḍān 3 H (625). Il y mourut en 49 ou 50 H (670) et fut enterré à al-Baqīʿ. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 3, n° 47) comme « l’imam, le maître, le basilic du Messager de Dieu ﷺ, son petit-fils, le maître des jeunes gens du Paradis ».
Le portrait de son grand-père
Le Prophète ﷺ sacrifia pour lui un bélier pour sa ʿaqīqa. Abū Juḥayfa disait : « Al-Ḥasan ressemblait au Prophète ﷺ. » Le Prophète ﷺ disait de lui et de son frère : « Al-Ḥasan et al-Ḥusayn sont les maîtres des jeunes gens du Paradis » (at-Tirmidhī), et : « Ce sont mes deux basilics de ce monde. » (al-Bukhārī) Il le portait sur ses épaules et disait : « Ô Dieu, je l’aime, aime-le. »
Des souvenirs d’enfance
Al-Ḥasan avait sept ans à la mort du Prophète ﷺ, mais il en garda des souvenirs précis :
- « J’ai pris une datte de l’aumône et je l’ai mise dans ma bouche. Le Messager de Dieu ﷺ me l’a retirée avec la salive et l’a remise avec les dattes. Quelqu’un dit : “Quel mal y avait-il à ce que l’enfant mange cette datte ?” Il répondit : “L’aumône n’est pas permise à nous, la famille de Muḥammad.” »
- Il retint de lui : « Laisse ce qui te fait douter pour ce qui ne te fait pas douter : la vérité apporte la tranquillité, et le mensonge le doute. »
- Le Prophète ﷺ lui apprit l’invocation du qunūt de la prière du witr, que les écoles juridiques utilisent encore :
اللَّهُمَّ اهْدِنِي فِيمَنْ هَدَيْتَ، وَعَافِنِي فِيمَنْ عَافَيْتَ، وَتَوَلَّنِي فِيمَنْ تَوَلَّيْتَ، وَبَارِكْ لِي فِيمَا أَعْطَيْتَ، وَقِنِي شَرَّ مَا قَضَيْتَ
« Ô Dieu, guide-moi parmi ceux que Tu guides, préserve-moi parmi ceux que Tu préserves, prends-moi en charge parmi ceux que Tu prends en charge, bénis ce que Tu m’as donné, et protège-moi du mal de ce que Tu as décrété. »
La paix annoncée
Le Prophète ﷺ avait dit, al-Ḥasan à ses côtés sur la chaire : « Mon fils que voici est un seigneur, et peut-être Dieu réconciliera-t-Il par lui deux grands groupes de musulmans. » (al-Bukhārī)
Après la mort de son père en 40 H, les gens de Kūfa lui prêtèrent allégeance. Six mois plus tard, pour mettre fin à l’effusion de sang entre musulmans, il céda le califat à Muʿāwiya, en 41 H. Cette année fut appelée « l’année de l’unité » (ʿām al-jamāʿa). Adh-Dhahabī rapporte le discours qu’il tint aux gens de Kūfa, qu’il trouvait divisés et versatiles, avant de conclure la paix. Les savants de toutes les écoles y voient l’accomplissement de la prophétie et un modèle de renoncement au pouvoir pour préserver la communauté.
Sa générosité et sa mort
Il était très généreux : on rapporte qu’il partagea deux fois tous ses biens avec les pauvres. Il fit plusieurs fois le pèlerinage à pied. Il mourut à Médine, selon de nombreux récits empoisonné, et demanda à être enterré près de son grand-père ; il fut finalement inhumé à al-Baqīʿ, près de sa mère.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 3, n° 47.