Al-Awzāʿī
L’imam de Syrie
Abū ʿAmr ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAmr al-Awzāʿī naquit à Baʿlabakk en 88 H, grandit orphelin dans la Bekaa et mourut à Beyrouth en 157 H (774). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le shaykh al-islām, le savant du Shām ».
Une école juridique
Il apprit d’ʿAṭāʾ, d’az-Zuhrī, de Qatāda, de Yaḥyā ibn Abī Kathīr et de Nāfiʿ. Il voulut rencontrer Ibn Sīrīn à Baṣra, mais le trouva mourant. Il donna des fatwas dès l’âge de treize ans, selon certains récits. Son école juridique fut celle de la Syrie et de l’Andalousie pendant près de deux siècles. Mālik disait de lui : « C’est un imam dont on suit l’exemple. » Ses avis sont encore cités dans les livres de fiqh comparé.
Le courage
Quand le gouverneur abbasside ʿAbd Allāh ibn ʿAlī prit Damas en 132 H et massacra des Omeyyades, il fit venir al-Awzāʿī et l’interrogea sur la légitimité de leur sang. Al-Awzāʿī lui répondit avec fermeté, en citant le hadith : « Le sang d’un musulman n’est permis que dans trois cas. » Il s’attendait à être tué ; le gouverneur le laissa partir. Il défendit aussi les chrétiens du Liban contre une déportation collective, rappelant qu’on ne punit pas tout un peuple pour la faute de quelques-uns.
Quelques paroles
- « Patiente sur la Sunna, arrête-toi là où se sont arrêtés les anciens, dis ce qu’ils ont dit et abstiens-toi de ce dont ils se sont abstenus. »
- « Quand Dieu veut du mal à un peuple, Il leur ouvre la dispute et leur ferme l’action. »
Sa mort
Il mourut dans son bain, à Beyrouth, peut-être asphyxié. Son tombeau est encore visité au sud de la ville.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 7, n° 48.