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Al-Kindī

Al-Kindī

Savant
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Biographie

Al-Kindī (v. 801-873), savant de Koufa et de Bagdad, est appelé « le philosophe des Arabes ». Auteur de plus de deux cents traités de philosophie, mathématiques, optique, médecine et musique, il fut aussi le pionnier de la cryptanalyse grâce à l’analyse de la fréquence des lettres.

Al-Kindī

Le philosophe des Arabes

Abū Yūsuf Yaʿqūb ibn Isḥāq al-Kindī est né vers 801 à Koufa, en Irak, et mort à Bagdad vers 873. Il appartenait à la noble tribu arabe de Kinda, d’où son surnom de « philosophe des Arabes » : il fut le premier grand philosophe de langue arabe d’origine arabe.

À la Maison de la Sagesse

Al-Kindī vécut à Bagdad sous les califes abbassides al-Maʾmūn, al-Muʿtaṣim et al-Wāthiq. Il participa au grand mouvement de traduction des œuvres grecques vers l’arabe, lié à la Bayt al-Ḥikma (Maison de la Sagesse), et fut le précepteur d’un fils du calife al-Muʿtaṣim.

Foi et philosophie

Dans son traité Sur la philosophie première, al-Kindī affirme que la recherche de la vérité est noble, d’où qu’elle vienne, et que la philosophie bien comprise conduit à la connaissance de Dieu unique. Il défendit notamment l’idée que le monde a eu un commencement, créé par Dieu.

Un savant universel

On lui attribue plus de deux cent cinquante ouvrages : mathématiques, astronomie, optique, médecine, pharmacologie, météorologie, musique. Ses traités sur la lumière et la vision ont influencé l’Europe médiévale.

Le père de la cryptanalyse

Dans son Traité sur le déchiffrement des messages cryptés, al-Kindī décrit pour la première fois la méthode d’analyse des fréquences : en comptant les lettres les plus fréquentes d’un message codé et en les comparant à celles de la langue, on peut retrouver le texte original. Cette découverte fonde la cryptographie moderne.

Ce que rapporte le Siyar

Adh-Dhahabī lui consacre une courte notice. Il le présente comme « le philosophe, l'auteur de nombreux livres », descendant d'al-Ashʿath ibn Qays, et rapporte qu'on l'appelait « le philosophe des Arabes ». Il reconnaît qu'il était une autorité dans la philosophie et la logique héritées des Grecs, l'astronomie et la médecine, et qu'il excellait en géométrie et en musique. Il ajoute qu'il eut des disciples, une belle éloquence et de bons vers.

Son jugement est par ailleurs sévère. Pour lui, ces sciences sont « délaissées », et il rapporte les reproches que l'on faisait à al-Kindī sur sa religion et sa conduite. Il cite aussi le récit selon lequel il voulut composer un texte comparable au Coran, avant de reconnaître, quelques jours plus tard, son impuissance.

Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 12, n° 134.

Photo : timbre irakien de 1962 à l’effigie d’al-Kindī.

Oeuvres notables

Fī al-falsafa al-ūlā (Sur la philosophie première) ; Risāla fī istikhrāj al-muʿammā (déchiffrement des messages cryptés) ; traités d’optique, de musique et de médecine