Al-Layth ibn Saʿd
L’imam d’Égypte
Abū l-Ḥārith al-Layth ibn Saʿd al-Fahmī naquit à Qarqashanda, en Basse-Égypte, en 94 H et mourut à Fusṭāṭ en shaʿbān 175 H (791). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le ḥāfiẓ, le shaykh al-islām, le savant de la terre d’Égypte ».
Le savant
Il apprit d’ʿAṭāʾ, d’az-Zuhrī, de Nāfiʿ, d’Ibn Abī Mulayka et de Yaḥyā ibn Saʿīd al-Anṣārī, lors de pèlerinages et de voyages. Ash-Shāfiʿī disait : « Al-Layth était plus juriste que Mālik, mais ses élèves ne l’ont pas mis en valeur. » Ibn Bukayr disait : « Al-Layth est plus juriste que Mālik, mais la faveur fut pour Mālik. » Son école, suivie en Égypte, s’éteignit après lui faute de disciples pour la transmettre.
La lettre à Mālik
Ses échanges avec Mālik restent un modèle de désaccord respectueux. Dans une longue lettre, conservée par les historiens, il discute avec courtoisie l’argument de la « pratique des gens de Médine » : il rappelle que les compagnons se sont dispersés dans les provinces avec leur science, et que la pratique d’autres villes peut aussi reposer sur la Sunna. Les spécialistes d’uṣūl de toutes les écoles citent cette lettre.
La générosité
Son revenu annuel dépassait vingt mille dinars, et on dit qu’il n’eut jamais à payer la zakāt, car il distribuait tout avant la fin de l’année. Quand Mālik lui demanda un peu de safran, il lui en envoya de quoi charger un chameau. Quand une femme lui demanda un peu de miel pour un malade, il lui donna une outre entière : « Elle a demandé selon son besoin, et nous lui avons donné selon notre bienfait. »
Respecté du pouvoir
Le calife al-Manṣūr lui proposa le gouvernement de l’Égypte ; il refusa. Les gouverneurs d’Égypte le consultaient et redoutaient ses critiques.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 8, n° 12.