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Al-Qāḍī ʿIyāḍ

Al-Qāḍī ʿIyāḍ

Savant
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Biographie

Al-Qāḍī ʿIyāḍ (476-544 H / 1083-1149), savant mālikite de Ceuta, fut cadi de Ceuta puis de Grenade. Auteur d’al-Shifā, ouvrage célèbre sur les droits et les qualités du Prophète ﷺ, et d’un grand dictionnaire des savants mālikites, il est l’un des sept saints patrons de Marrakech.

Al-Qāḍī ʿIyāḍ

La gloire du Maghreb mālikite

Abū l-Faḍl ʿIyāḍ ibn Mūsā ibn ʿIyāḍ al-Yaḥṣubī est né à Ceuta en 476 H (1083) et mort à Marrakech en 544 H (1149). Sa famille, venue d’al-Andalus, s’était établie à Fès puis à Ceuta. L’imam adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 20, n° 136) comme « l’imam, le grand savant, le ḥāfiẓ sans égal, shaykh al-islām, le cadi ». Un dicton maghrébin affirme : « Sans ʿIyāḍ, on n’aurait pas parlé du Maghreb. »

Une formation tardive mais immense

Adh-Dhahabī note qu’il ne commença pas ses études dans sa jeunesse. Le premier savoir qu’il reçut fut une simple autorisation de transmettre (ijāza) du grand muḥaddith Abū ʿAlī al-Ghassānī. Il voyagea ensuite en al-Andalus, après l’an 500 H. Il y suivit de près le cadi Abū ʿAlī ibn Sukkara aṣ-Ṣadafī, et apprit auprès d’Abū Baḥr ibn al-ʿĀṣ, Muḥammad ibn Ḥamdīn, Abū l-Ḥusayn Sirāj, Abū Muḥammad ibn ʿAttāb et d’autres. Il étudia le fiqh auprès d’Abū ʿAbd Allāh at-Tamīmī et du cadi al-Masīlī. Selon Ibn Khallikān, ses maîtres étaient près de cent. Il les présente dans son livre al-Ghunya.

Un cadi juste

Selon son élève Muḥammad ibn Ḥammāda, il siégea pour les débats juridiques vers vingt-huit ans et devint cadi vers trente-cinq ans. « Il était doux sans faiblesse, et ferme dans la vérité. » Il fut longtemps cadi de Ceuta, où sa conduite fut louée, puis cadi de Grenade. Ibn Bashkuwāl, qui le reçut à Cordoue, le décrit comme « un homme de science, aux savoirs variés, d’une grande intelligence et d’une grande compréhension ». Ibn Ḥammāda ajoute qu’il atteignit dans sa ville un prestige que personne n’avait atteint, « et cela ne fit qu’augmenter son humilité et sa crainte de Dieu ».

Ses œuvres

Ibn Khallikān le présente comme « l’imam du hadith de son temps, le plus savant des hommes dans ses sciences, dans la grammaire, la langue, la parole des Arabes, leurs journées et leurs généalogies ». Ses principaux ouvrages :

  • Kitāb ash-Shifā bi-taʿrīf ḥuqūq al-Muṣṭafā : les versets et les hadiths qui montrent le rang du Prophète ﷺ, ses qualités, ses miracles, et les devoirs des croyants envers lui. Le livre est lu et commenté dans tout le monde musulman, en particulier en Afrique du Nord et de l’Ouest.
  • Tartīb al-madārik : un grand dictionnaire biographique des savants de l’école mālikite.
  • Ikmāl al-muʿlim : un commentaire du Ṣaḥīḥ de Muslim, qui complète celui d’al-Māzarī.
  • Mashāriq al-anwār : l’explication des termes difficiles du Muwaṭṭaʾ et des deux Ṣaḥīḥ.
  • al-Ilmāʿ, sur les règles de la transmission du savoir, et un commentaire du hadith d’Umm Zarʿ.

Le regard critique d’adh-Dhahabī

Adh-Dhahabī juge ses ouvrages « précieux », et ash-Shifā « le plus noble » d’entre eux. Il regrette pourtant que le Qāḍī y ait mis des hadiths inventés et des interprétations lointaines. Il écrit : « Notre Prophète ﷺ n’a pas besoin de hadiths faibles : l’éloge du Coran, les récits multiples et les hadiths aux chaînes saines lui suffisent. Que Dieu récompense le Qāḍī pour sa bonne intention et rende son Shifā utile, et Il l’a fait. » Il recommande de le lire avec les Dalāʾil an-nubuwwa d’al-Bayhaqī.

Le poète

Il composait aussi de beaux vers. Adh-Dhahabī cite ceux-ci, sur un champ de blé couché par le vent, parsemé de coquelicots (shaqāʾiq an-nuʿmān) :

انْظُرْ إِلَى الزَّرْعِ وَخَامَاتِهِ … تَحْكِي وَقَدْ مَاسَتْ أَمَامَ الرِّيَاحْ كَتِيبَةً خَضْرَاءَ مَهْزُومَةً … شَقَائِقُ النُّعْمَانِ فِيهَا جِرَاحْ

« Regarde le champ et ses tiges qui ploient devant les vents : On dirait une armée verte en déroute, dont les coquelicots seraient les blessures. »

Sa mort

Fidèle aux Almoravides, il s’opposa à l’arrivée des Almohades et fut exilé. Selon son fils, le cadi Muḥammad, il mourut à Marrakech la nuit du vendredi 9 jumādā II 544 H (octobre 1149). D’autres disent en ramaḍān de la même année. Adh-Dhahabī rapporte avoir entendu qu’il fut tué à coups de lances, pour avoir rejeté l’infaillibilité qu’on attribuait à Ibn Tūmart, le fondateur du mouvement almohade. Son tombeau à Marrakech est visité jusqu’à aujourd’hui ; il fait partie des « sept saints » (Sabʿatu Rijāl) de la ville.

Ses élèves

Parmi ceux qui transmirent de lui figurent Ibn Bashkuwāl, ʿAbd Allāh al-Ashīrī, Abū Jaʿfar ibn al-Qaṣīr et son fils Muḥammad, cadi de Dénia.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 20, n° 136, qui cite notamment Ibn Bashkuwāl (aṣ-Ṣila) et Ibn Khallikān (Wafayāt al-aʿyān).

Photo : page d’un manuscrit d’ash-Shifā.

Oeuvres notables

Kitāb al-Shifā bi-taʿrīf ḥuqūq al-Muṣṭafā ; Tartīb al-madārik ; Ikmāl al-muʿlim bi-fawāʾid Muslim ; Mashāriq al-anwār ; Al-Ilmāʿ