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Al-Zamakhsharī

Al-Zamakhsharī

Savant
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Biographie

Al-Zamakhsharī (467-538 H / 1075-1144), savant du Khwarezm surnommé Jār Allāh, « le voisin de Dieu », pour son long séjour à La Mecque, fut un maître de la langue arabe. Son exégèse al-Kashshāf, d’inspiration muʿtazilite, est célèbre pour ses analyses de la rhétorique et de l’inimitabilité du Coran.

Az-Zamakhsharī

Le maître de la rhétorique coranique

Abū l-Qāsim Maḥmūd ibn ʿUmar ibn Muḥammad az-Zamakhsharī est né en rajab 467 H (1075) à Zamakhshar, un village du Khwarezm (Asie centrale). Il est mort la nuit de ʿArafa 538 H (juin 1144), à Jurjāniyya, dans la même région. L’imam adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 20, n° 91) comme « le grand savant, le grammairien, l’auteur du Kashshāf et du Mufaṣṣal ». Il le décrit aussi comme « le chef des muʿtazilites » de son temps, et précise : « Il appelait à la doctrine muʿtazilite ; que Dieu lui pardonne. »

Bien que non arabe d’origine, il devint l’un des plus grands spécialistes de la langue arabe de son époque. Adh-Dhahabī écrit : « Il était un maître dans l’éloquence, la langue arabe, la rhétorique (al-maʿānī wa l-bayān), et il composait de bons vers. »

Parcours

Il voyagea et entendit le hadith à Bagdad, notamment de Naṣr ibn al-Baṭir. Il fit le pèlerinage et vécut longtemps à La Mecque, ce qui lui valut le surnom de Jār Allāh, « le voisin de Dieu ». As-Samʿānī rapporte : « Il n’entra dans aucune ville sans que les gens se rassemblent autour de lui et deviennent ses élèves. Il vécut si longtemps près de La Mecque que les vents du désert soufflèrent sur sa langue », c’est-à-dire que son arabe prit la pureté de celui des Bédouins.

On rapporte qu’il perdit un pied à cause du froid lors d’un voyage, et qu’il marchait avec une jambe de bois.

Une rencontre entre savants

À Bagdad, le grand grammairien Ibn ash-Shajarī vint le féliciter de son arrivée. Il lui récita ces vers :

كَانَتْ مُسَاءَلَةُ الرُّكْبَانِ تُخْبِرُنِي … عَنْ أَحْمَدَ بْنِ عَلِيٍّ أَطْيَبَ الخَبَرِ حَتَّى الْتَقَيْنَا فَلَا وَاللهِ مَا سَمِعَتْ … أُذْنِي بِأَحْسَنَ مِمَّا قَدْ رَأَى بَصَرِي

« Les nouvelles des voyageurs m’apportaient de lui les meilleurs récits ; Puis nous nous sommes rencontrés : par Dieu, mon oreille n’avait rien entendu de plus beau que ce que mes yeux ont vu. »

Az-Zamakhsharī l’écouta en silence, puis répondit avec humilité en citant la parole du Prophète ﷺ au compagnon Zayd al-Khayl : « Tout homme qu’on m’a décrit, je l’ai trouvé en dessous de sa description, sauf toi. » Il ajouta : « Il en est de même pour le chérif », honorant ainsi Ibn ash-Shajarī.

Le poète

As-Samʿānī cite ces vers où il pleure son maître, le grammairien Abū Muḍar :

وَقَائِلَةٍ: مَا هَذِهِ الدُّرَرُ الَّتِي … تُسَاقِطُهَا عَيْنَاكَ سِمْطَيْنِ سِمْطَيْنِ؟ فَقُلْتُ: هُوَ الدُّرُّ الَّذِي قَدْ حَشَا بِهِ … أَبُو مُضَرَ أُذْنِي تَسَاقَطَ مِنْ عَيْنِي

« Elle me dit : quelles sont ces perles que tes yeux laissent tomber, en deux colliers ? Je répondis : ce sont les perles dont Abū Muḍar a rempli mon oreille ; elles tombent de mes yeux. »

Al-Kashshāf

Son exégèse, al-Kashshāf ʿan ḥaqāʾiq at-tanzīl, achevée à La Mecque, est l’une des plus influentes de l’histoire. Az-Zamakhsharī y montre, verset par verset, la finesse du style coranique : choix des mots, ordre de la phrase, images, sous-entendus. Il y défend aussi certaines positions de l’école muʿtazilite. Les savants sunnites ont donc lu le Kashshāf avec attention mais aussi avec esprit critique : Ibn al-Munayyir écrivit par exemple al-Intiṣāf pour en discuter les passages théologiques, et al-Bayḍāwī s’en inspira largement dans son propre commentaire.

La langue arabe et les autres ouvrages

  • al-Mufaṣṣal : un manuel de grammaire très commenté.
  • Asās al-balāgha : un dictionnaire qui distingue le sens propre et le sens figuré des mots.
  • al-Fāʾiq : l’explication du vocabulaire rare du hadith.
  • Rabīʿ al-abrār, un recueil d’anecdotes et de sagesses ; an-Naṣāʾiḥ ; Mushtabah asāmī r-ruwāt, sur les noms des transmetteurs ; al-Minhāj, en fondements.

Ses élèves

Plusieurs imams furent formés par lui. Abū Ṭāhir as-Silafī et Zaynab ash-Shaʿriyya transmirent de lui par autorisation (ijāza).

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 20, n° 91, qui cite notamment as-Samʿānī et Ibn Khallikān.

Photo : page d’un manuscrit d’al-Mufaṣṣal copié en 1253.

Oeuvres notables

Al-Kashshāf ; al-Mufaṣṣal ; Asās al-balāgha ; al-Fāʾiq fī gharīb al-ḥadīth ; Rabīʿ al-abrār ; an-Naṣāʾiḥ ; Aṭwāq adh-dhahab