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ʿAlī ibn Abī Ṭālib

Personnalité historique
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Biographie

ʿAlī ibn Abī Ṭālib (v. 600-40 H / v. 600-661), cousin et gendre du Prophète ﷺ, époux de Fāṭima et père d’al-Ḥasan et d’al-Ḥusayn. Premier enfant à embrasser l’islam, porte-étendard à Badr et à Khaybar, il était réputé pour sa science du Coran et du jugement. Quatrième calife, il mourut assassiné à Kūfa.

ʿAlī ibn Abī Ṭālib

Le quatrième calife, la « porte » du savoir des compagnons

Abū l-Ḥasan ʿAlī ibn Abī Ṭālib ibn ʿAbd al-Muṭṭalib al-Hāshimī, cousin du Prophète ﷺ, naquit à La Mecque une dizaine d’années avant la révélation. Sa mère, Fāṭima bint Asad, émigra elle aussi à Médine. Il mourut à Kūfa le 21 ramaḍān 40 H (janvier 661), à soixante-trois ans selon l’avis le plus répandu. Adh-Dhahabī lui consacre la dernière partie de la « Sīra des califes bien guidés » dans son Siyar aʿlām an-nubalāʾ.

Ceux qui l’ont vu le décrivent de taille plutôt petite, le teint mat, les yeux grands, chauve sur le devant, avec une barbe blanche si large qu’« elle lui remplissait la poitrine ».

Le premier enfant à croire

Il grandit dans la maison du Prophète ﷺ et embrassa l’islam enfant, à huit, neuf ou dix ans selon les récits. Ibn ʿAbbās disait : « Le premier à embrasser l’islam fut ʿAlī. » Muḥammad al-Quraẓī conciliait les récits : « La première à croire fut Khadīja ; les deux premiers hommes, Abū Bakr et ʿAlī. Abū Bakr fut le premier à manifester son islam, et ʿAlī le cacha d’abord par crainte de son père. » Lorsque Abū Ṭālib l’apprit, il lui dit : « Soutiens ton cousin et aide-le. »

« Abū Turāb »

Un jour, après une petite dispute avec Fāṭima, il alla dormir dans la mosquée. Le Prophète ﷺ le trouva allongé, le flanc couvert de poussière. Il se mit à la lui essuyer en disant : « Lève-toi, Abū Turāb (l’homme à la poussière) ! » (Muslim). Sahl ibn Saʿd disait : « Aucun nom ne lui était plus cher, il se réjouissait quand on l’appelait ainsi. »

Le porte-étendard

ʿAlī porta l’étendard du Prophète ﷺ à Badr et dans presque toutes les batailles. À Khaybar, le Prophète ﷺ annonça : « Demain, je donnerai l’étendard à un homme qui aime Dieu et Son Messager, et que Dieu et Son Messager aiment ; Dieu donnera la victoire par ses mains. » ʿUmar disait : « Je n’ai jamais désiré le commandement que ce jour-là. » Le lendemain, il appela ʿAlī, qui avait les yeux malades. Il cracha dans ses yeux, qui guérirent, et invoqua : « Ô Dieu, ôte-lui le chaud et le froid. » ʿAlī disait ensuite qu’il ne souffrit plus ni de la chaleur ni du froid, et c’est pourquoi il portait des habits d’été en hiver et d’hiver en été.

Les paroles du Prophète ﷺ à son sujet

  • Quand le Prophète ﷺ le laissa à Médine pendant l’expédition de Tabūk, il lui dit : « N’es-tu pas satisfait d’être pour moi ce qu’Aaron était pour Moïse, sauf qu’il n’y a pas de prophète après moi ? » (al-Bukhārī et Muslim)
  • ʿAlī rapporte : « Le Prophète ﷺ m’a promis que seul un croyant m’aimerait, et seul un hypocrite me détesterait. » (Muslim)
  • « Celui dont je suis le protecteur (mawlā), ʿAlī est aussi son protecteur. » ʿAlī fit témoigner de ce hadith ceux qui l’avaient entendu à Ghadīr Khumm.

Le juge et le savant

  • ʿUmar disait : « ʿAlī est le meilleur juge d’entre nous, et Ubayy le meilleur lecteur du Coran. » Il disait aussi : « Je me réfugie auprès de Dieu contre un problème difficile qu’Abū l-Ḥasan ne serait pas là pour résoudre. »
  • Saʿīd ibn al-Musayyib : « Aucun compagnon ne disait : “Interrogez-moi”, sauf ʿAlī. »
  • Ibn ʿAbbās : « Quand un homme digne de confiance nous rapportait une fatwa de ʿAlī, nous ne cherchions pas plus loin. »
  • ʿĀʾisha disait de lui : « C’est celui qui connaît le mieux la Sunna parmi ceux qui restent. »
  • Masrūq : « La science des compagnons a abouti à ʿUmar, ʿAlī et ʿAbd Allāh ibn Masʿūd. »

Il ajoutait avec humilité : « Ce qui rafraîchit le plus le cœur, quand on m’interroge sur ce que je ne sais pas, c’est de dire : Dieu sait mieux. »

Le détachement

ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz disait : « L’homme le plus détaché de ce monde fut ʿAlī ibn Abī Ṭālib. » Calife, il parcourait le marché de Kūfa en rappelant aux marchands : « Craignez Dieu, vendez honnêtement, donnez la juste mesure. » À ceux qui lui reprochaient ses habits modestes, il répondait : « Ils éloignent de l’orgueil et sont plus dignes d’être imités par le musulman. »

Un califat d’épreuves

Après l’assassinat de ʿUthmān en 35 H, ʿAlī reçut l’allégeance à Médine. Son califat fut marqué par la guerre civile : les batailles du Chameau et de Ṣiffīn, puis la lutte contre les Khawārij, qu’il combattit à Nahrawān. Adh-Dhahabī rappelle le hadith : « Parmi vous, il y a un homme qui combattra pour l’interprétation du Coran comme j’ai combattu pour sa révélation », et ajoute : « Il combattit les Khawārij, qui avaient interprété le Coran selon leur opinion et leur ignorance. » ʿAlī lui-même disait de la succession : « Le Messager de Dieu ne nous a rien prescrit sur le pouvoir. C’est un avis auquel nous sommes arrivés. Abū Bakr fut désigné, il agit avec droiture ; puis ʿUmar fut désigné, il agit avec droiture. »

Sa mort

ʿAlī savait qu’il serait tué : « Ceci sera teint de cela », disait-il en montrant sa barbe puis sa tête. À ceux qui lui demandaient de désigner un successeur, il répondit : « Je vous laisse comme le Messager de Dieu ﷺ vous a laissés. » Il citait souvent ces vers :

اشْدُدْ حَيَازِيمَكَ لِلْمَوْتِ … فَإِنَّ المَوْتَ لَاقِيكَا وَلَا تَجْزَعْ مِنَ القَتْلِ … إِذَا حَلَّ بِوَادِيكَا

« Ceins tes reins pour la mort, car la mort viendra à ta rencontre ; Ne t’effraie pas d’être tué, quand cela descendra dans ta vallée. »

À l’aube d’un vendredi de ramaḍān 40 H, alors qu’il sortait réveiller les gens pour la prière en criant « La prière, la prière ! », le khārijite ʿAbd ar-Raḥmān ibn Muljam le frappa d’un sabre empoisonné. ʿAlī ordonna : « Nourrissez-le et donnez-lui à boire. Si je vis, je déciderai de son sort ; si je meurs, tuez-le d’un seul coup pour moi, et ne dépassez pas la mesure, car Dieu n’aime pas ceux qui transgressent. » Il mourut deux jours plus tard. Son fils al-Ḥasan pria sur lui, et son tombeau fut caché pour que les Khawārij ne le profanent pas.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, partie « Sīrat al-khulafāʾ ar-rāshidīn ».

Oeuvres notables

Ses jugements, fatwas et sermons sont rapportés dans les recueils de hadith. Le Nahj al-balāgha (IVe s. H) lui attribue des discours, d’authenticité discutée.