ʿAlī ibn al-Madīnī
Le maître des défauts cachés du hadith
Abū l-Ḥasan ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar as-Saʿdī, connu sous le nom d’Ibn al-Madīnī car sa famille venait de Médine, naquit à Baṣra en 161 H et mourut à Sāmarrāʾ en dhū l-qaʿda 234 H (849). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le shaykh al-islām, le maître des ḥuffāẓ, l’imam de la critique ».
La science des ʿilal
Il fut l’élève de Sufyān ibn ʿUyayna, de Yaḥyā al-Qaṭṭān et d’ʿAbd ar-Raḥmān ibn Mahdī. Ibn ʿUyayna disait : « On me reproche d’aimer ʿAlī ibn al-Madīnī ; par Dieu, j’apprends de lui plus qu’il n’apprend de moi. » Il devint le grand maître de la science des ʿilal, qui consiste à repérer les erreurs cachées dans des chaînes en apparence solides.
Le maître d’al-Bukhārī
Al-Bukhārī disait : « Je ne me suis jamais senti petit devant personne, sauf devant ʿAlī ibn al-Madīnī. » Une grande partie de la méthode d’al-Bukhārī vient de lui.
L’épreuve
Lors de l’épreuve (miḥna) de la création du Coran, sous le calife al-Maʾmūn puis al-Muʿtaṣim, il céda en paroles sous la contrainte, contrairement à Aḥmad ibn Ḥanbal. Certains contemporains le lui reprochèrent. Adh-Dhahabī rappelle qu’il agit par contrainte et crainte, qu’il en éprouva du regret, et que les savants ont continué à rapporter de lui. Il le cite comme un exemple de la faiblesse humaine devant l’épreuve, sans retirer sa valeur scientifique.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 11, n° 22.