ʿAlī ibn al-Ḥusayn, Zayn al-ʿĀbidīn
« L’ornement des adorateurs »
Abū l-Ḥasan ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib al-Hāshimī naquit vers 38 H (658) et mourut à Médine en 94 H (712). Sa mère, Salāma ou Sulāfa, était, dit-on, fille du dernier roi sassanide Yazdgard. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le maître, l’imam, Zayn al-ʿĀbidīn ».
Le survivant de Karbalāʾ
Il était avec son père à Karbalāʾ en 61 H, à vingt-trois ans, mais malade : il ne combattit pas et ne fut pas tué. Il fut emmené avec les femmes de sa famille à Damas, puis renvoyé à Médine. Il y vécut retiré de la politique, consacré à la science et à l’adoration.
La science
Il rapporta de son père, d’Ibn ʿAbbās, d’Abū Hurayra, de ʿĀʾisha, d’Umm Salama et de Ṣafiyya. Az-Zuhrī disait : « Je n’ai vu aucun Qurayshite meilleur que lui », et : « Je n’ai pas vu de plus grand juriste que lui. » Il apprit aussi auprès de Saʿīd ibn al-Musayyib. Son fils Muḥammad al-Bāqir, puis son petit-fils Jaʿfar aṣ-Ṣādiq héritèrent de sa science.
La prière
On l’appela Zayn al-ʿĀbidīn (l’ornement des adorateurs) à cause de sa prière. Quand il faisait ses ablutions, il pâlissait. On lui demanda pourquoi ; il répondit : « Savez-vous devant qui je vais me tenir ? »
La générosité cachée
Il portait la nuit des sacs de farine sur son dos pour les déposer chez des familles pauvres de Médine, qui ne savaient pas d’où venait cette aide. Quand il mourut, cent familles perdirent leur subsistance, et l’on découvrit sur son dos les marques des sacs qu’il portait.
Une scène célèbre
On rapporte que le calife Hishām, avant son califat, ne parvint pas à s’approcher de la Pierre noire à cause de la foule, alors que les gens s’écartèrent respectueusement devant Zayn al-ʿĀbidīn. Le poète al-Farazdaq composa alors son célèbre poème :
هَذَا الَّذِي تَعْرِفُ البَطْحَاءُ وَطْأَتَهُ … وَالبَيْتُ يَعْرِفُهُ وَالحِلُّ وَالحَرَمُ
« Voici celui dont la vallée de La Mecque connaît les pas : la Maison sacrée le connaît, et le territoire profane et le sanctuaire. »
Son attitude envers les compagnons
Des gens d’Irak vinrent critiquer devant lui Abū Bakr, ʿUmar et ʿUthmān. Il leur demanda s’ils faisaient partie des émigrés ou des Anṣār ; ils répondirent que non. Il leur dit : « Vous n’êtes pas non plus de ceux qui sont venus après eux et qui disent : “Seigneur, pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans la foi” (59:10). Sortez de chez moi. »
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 4, n° 157.