Ḥammād ibn Abī Sulaymān
Le maître d’Abū Ḥanīfa
Abū Ismāʿīl Ḥammād ibn Abī Sulaymān Muslim al-Kūfī, affranchi d’origine perse, mourut à Kūfa en 120 H (738). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’allama, l’imam, le juriste de l’Irak ».
L’héritier d’an-Nakhaʿī
Il apprit d’Anas ibn Mālik, de Saʿīd ibn al-Musayyib, d’ash-Shaʿbī et surtout d’Ibrāhīm an-Nakhaʿī, dont il fut l’élève le plus proche. À la mort d’an-Nakhaʿī, c’est vers lui que les gens de Kūfa se tournèrent pour les fatwas. Il transmettait ainsi la science de l’école d’Ibn Masʿūd, par ʿAlqama et al-Aswad.
Dix-huit ans avec Abū Ḥanīfa
Abū Ḥanīfa resta auprès de lui dix-huit ans et lui succéda à sa mort dans son cercle d’enseignement. Il disait : « Je n’ai jamais prié sans demander pardon pour Ḥammād. » La chaîne « Abū Ḥanīfa, de Ḥammād, d’Ibrāhīm, de ʿAlqama, d’Ibn Masʿūd » est au cœur de la tradition juridique ḥanafite. Parmi ses autres élèves figurent Sufyān ath-Thawrī et Shuʿba.
Le raisonnement juridique
Ḥammād était connu pour son usage du raisonnement (raʾy) à partir des textes et des avis des anciens, ce qui lui valut des critiques de certains traditionnistes. Adh-Dhahabī le juge « digne de confiance, mais pas un grand ḥāfiẓ de hadith », et souligne son rang dans le fiqh.
Sa générosité
Il nourrissait chaque soir de ramaḍān des dizaines de personnes, et à la fin du mois leur donnait des vêtements et de l’argent. Il était aussi aisé, et on dit qu’il mettait sa fortune au service des étudiants.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 5, n° 99.