ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān
L’élève de ʿĀʾisha
ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān ibn Saʿd ibn Zurāra al-Anṣāriyya an-Najjāriyya, de Médine, était la petite-fille d’un ancien compagnon, frère d’Asʿad ibn Zurāra, l’un des chefs des Anṣār. Elle mourut en 98 ou 106 H (716-724). Adh-Dhahabī la présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « la juriste, élevée et instruite par ʿĀʾisha », et ajoute : « Elle était savante, juriste, une preuve (ḥujja), d’une science abondante. »
« Un océan qui ne s’épuise pas »
Az-Zuhrī raconte qu’al-Qāsim ibn Muḥammad lui dit : « Jeune homme, je te vois avide de savoir. Veux-tu que je t’indique où il se trouve ? Va voir ʿAmra : elle a grandi dans la maison de ʿĀʾisha. » Az-Zuhrī ajoute : « Je suis allé la voir, et j’ai trouvé un océan qui ne s’épuise pas. »
Elle rapporta de ʿĀʾisha, d’Umm Salama et de Rāfiʿ ibn Khadīj. Parmi ceux qui apprirent d’elle figurent son fils Abū r-Rijāl, son neveu le juge Abū Bakr ibn Ḥazm, az-Zuhrī et Yaḥyā ibn Saʿīd al-Anṣārī. Ibn ʿUyayna la comptait, avec ʿUrwa et al-Qāsim, parmi les trois personnes qui connaissaient le mieux les hadiths de ʿĀʾisha.
Une référence pour les juges
Le calife ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ordonna à Abū Bakr ibn Ḥazm de mettre par écrit les hadiths qu’elle détenait, de peur qu’ils ne se perdent. On rapporte aussi qu’un juge de Médine revint sur une sentence après qu’elle lui eut rappelé un hadith de ʿĀʾisha. Adh-Dhahabī souligne que « ses hadiths sont nombreux dans les grands recueils de l’islam ». Mālik les cite dans le Muwaṭṭaʾ, et les quatre écoles s’en servent, en particulier pour la prière, le jeûne et la vie familiale.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 4, n° 199.