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Anas ibn Mālik

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Biographie

Anas ibn Mālik (v. 10 av. H-93 H / 612-712), compagnon anṣārī confié enfant au Prophète ﷺ, qu’il servit pendant dix ans. Installé à Baṣra, il vécut plus de cent ans et fut l’un des derniers compagnons. Il rapporta plus de 2 200 hadiths.

Anas ibn Mālik

Le serviteur du Prophète ﷺ et le dernier des compagnons à Baṣra

Abū Ḥamza Anas ibn Mālik ibn an-Naḍr al-Anṣārī an-Najjārī, de Médine, fut confié tout enfant au Prophète ﷺ par sa mère, Umm Sulaym. Il mourut à Baṣra en 93 H (712), à cent trois ans selon l’avis qu’adh-Dhahabī juge le plus exact. Il fut l’un des derniers compagnons à mourir. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 3, n° 62) comme « l’imam, le mufti, le lecteur, le traditionniste, le transmetteur de l’islam, le serviteur du Messager de Dieu ﷺ, son parent par les femmes, son élève et son disciple ».

Dix ans de service

Quand le Prophète ﷺ arriva à Médine, Umm Sulaym lui amena son fils de dix ans en disant : « Messager de Dieu, voici Anas, un garçon qui te servira. » Anas raconte : « J’ai servi le Messager de Dieu ﷺ dix ans. Jamais il ne m’a dit “ouf”, ni, pour une chose que j’avais faite, “pourquoi l’as-tu faite ?”, ni, pour une chose que je n’avais pas faite, “pourquoi ne l’as-tu pas faite ?” » (al-Bukhārī et Muslim) Ce témoignage est l’un des plus beaux portraits du caractère du Prophète ﷺ.

L’invocation bénie

Sa mère demanda au Prophète ﷺ d’invoquer pour lui. Il dit : « Ô Dieu, accorde-lui beaucoup de biens et d’enfants, et bénis ce que Tu lui donnes. » (al-Bukhārī et Muslim) Anas racontait des années plus tard : « Par Dieu, mes biens sont nombreux, et mes enfants et petits-enfants dépassent aujourd’hui la centaine. » Son jardin donnait des fruits deux fois par an, et il vécut plus de cent ans.

Le transmetteur

On lui attribue deux mille deux cent quatre-vingt-six hadiths, dont cent quatre-vingts dans les deux Ṣaḥīḥ. Parmi ses élèves figurent al-Ḥasan al-Baṣrī, Ibn Sīrīn, ash-Shaʿbī, az-Zuhrī, Qatāda, Thābit al-Bunānī et ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz. Adh-Dhahabī remarque que ses élèves fiables vécurent jusqu’après 150 H : la Sunna vécue au plus près du Prophète ﷺ a ainsi traversé un siècle et demi en une seule génération de transmetteurs.

Thābit al-Bunānī rapporte qu’Anas lui dit : « Je n’ai jamais touché de soie plus douce que la main du Messager de Dieu ﷺ, ni senti de parfum meilleur que son odeur. »

Ses épreuves

Il prit part à la bataille de Badr comme serviteur, encore enfant, puis à huit expéditions. À la fin de sa vie, il eut à souffrir du gouverneur al-Ḥajjāj, qui l’humilia, avant que le calife ʿAbd al-Malik n’intervienne en sa faveur.

Sa mort

Mourant, il dit : « Faites-moi répéter : Lā ilāha illā Llāh. » Il le répéta jusqu’à son dernier souffle. Quand il mourut, Muwarriq al-ʿIjlī dit : « Aujourd’hui est partie la moitié de la science. » On lui demanda pourquoi. Il répondit : « Quand un homme de passions contredisait un hadith, nous lui disions : viens devant celui qui l’a entendu du Prophète ﷺ. »

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 3, n° 62.

Oeuvres notables

Aucun livre. 2 286 hadiths lui sont attribués, dont 180 dans les deux Ṣaḥīḥ.