ʿĀṣim ibn Abī n-Najūd
Le maître de la lecture la plus répandue
Abū Bakr ʿĀṣim ibn Bahdala Abī n-Najūd al-Asadī, affranchi, de Kūfa, mourut en 127 ou 128 H (745). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le maître des lecteurs, le lecteur de Kūfa ».
Une chaîne jusqu’au Prophète ﷺ
Il récita le Coran devant Abū ʿAbd ar-Raḥmān as-Sulamī, l’élève de ʿAlī, de ʿUthmān et d’Ibn Masʿūd, et devant Zirr ibn Ḥubaysh, élève d’Ibn Masʿūd. Sa lecture remonte ainsi à ʿAlī et à Ibn Masʿūd, puis au Prophète ﷺ. Il succéda à as-Sulamī à la tête des lecteurs de Kūfa.
La voix
On disait qu’il avait la plus belle voix et la récitation la plus éloquente de son temps. Abū Bakr ibn ʿAyyāsh rapporte : « Quand il récitait, on aurait dit qu’il avait une flûte dans la gorge. » Il était aussi un grammairien précis, attentif à la prononciation correcte de chaque lettre.
Ḥafṣ et Shuʿba
Ses deux élèves, Ḥafṣ ibn Sulaymān (son beau-fils) et Shuʿba, transmirent sa lecture avec quelques différences. La transmission de Ḥafṣ, adoptée par l’Empire ottoman puis dans la plupart des éditions imprimées, est aujourd’hui la lecture récitée par la grande majorité des musulmans. Celle de Warsh ʿan Nāfiʿ reste dominante au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.
Le hadith
Dans le hadith, adh-Dhahabī le juge « véridique » mais avec quelques erreurs de mémoire : sa grandeur est dans la lecture du Coran plutôt que dans la transmission des hadiths. Ahmad ibn Ḥanbal disait : « C’était un homme vertueux, et je préfère sa lecture. »
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 5, n° 119.