ʿAṭāʾ ibn Abī Rabāḥ
Le mufti de La Mecque
Abū Muḥammad ʿAṭāʾ ibn Abī Rabāḥ Aslam al-Qurashī, affranchi d’une famille de Quraysh, naquit à al-Janad, au Yémen, pendant le califat de ʿUthmān, et grandit à La Mecque. Il y mourut en 114 ou 115 H (733), à quatre-vingt-huit ans environ. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le shaykh al-islām, le mufti du Sanctuaire ».
Un homme que la science éleva
Les sources le décrivent comme un homme noir, borgne, boiteux et aux cheveux crépus, devenu aveugle à la fin de sa vie. Il était à l’origine un affranchi sans fortune, et c’est la science qui fit de lui l’homme le plus consulté de La Mecque. Il apprit de ʿĀʾisha, Umm Salama, Abū Hurayra, Ibn ʿAbbās, Ibn ʿUmar, Jābir, Abū Saʿīd et de nombreux autres compagnons. On rapporte qu’il connut deux cents compagnons.
La référence du pèlerinage
Ibn ʿAbbās disait aux gens de La Mecque qui venaient l’interroger : « Vous venez me voir, alors que vous avez parmi vous ʿAṭāʾ ? » Ibn ʿUmar disait de même. Sous les Omeyyades, un héraut proclamait pendant la saison du pèlerinage : « Que personne ne donne de fatwa aux pèlerins sauf ʿAṭāʾ ibn Abī Rabāḥ. » Abū Ḥanīfa disait : « Je n’ai pas rencontré de meilleur que ʿAṭāʾ. » Il fut l’un de ses maîtres, et les quatre écoles ont gardé ses avis sur les rites du ḥajj.
Le détachement
Il disait : « Ceux qui vous ont précédés détestaient les paroles inutiles. Ils considéraient comme inutile tout ce qui n’était pas le Livre de Dieu, la Sunna, ordonner le bien et interdire le mal, ou parler de ce dont tu as besoin pour vivre. » Quand il parlait, on aurait dit qu’il était soutenu ; il passa vingt ans, dit-on, à dormir dans la mosquée sacrée, et accomplit plus de soixante-dix pèlerinages.
Ses contemporains
Adh-Dhahabī rappelle qu’il y avait avec lui à La Mecque d’autres grands tābiʿūn : Mujāhid, Ṭāwūs, ʿUbayd ibn ʿUmayr, Ibn Abī Mulayka et ʿAmr ibn Dīnār. Ibn Jurayj, son élève, est l’un des premiers auteurs de recueils de l’islam.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 5, n° 29.