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Barīra

Personnalité historique
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Biographie

Barīra, affranchie de ʿĀʾisha, dont l’histoire a fixé plusieurs règles majeures du droit musulman : « le patronage revient à celui qui affranchit », le droit d’option de l’esclave affranchie, et la distinction entre aumône et cadeau.

Barīra

La femme dont l’histoire fit le droit

Barīra, d’abord esclave d’une famille des Anṣār, puis affranchie par ʿĀʾisha, est l’une des femmes dont l’histoire a le plus marqué le fiqh. Adh-Dhahabī rappelle dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ qu’Ibn Khuzayma et d’autres savants ont tiré de son histoire « des bénéfices nombreux » ; certains en ont compté plus de trois cents.

« Le patronage revient à celui qui affranchit »

Barīra avait conclu avec ses maîtres un contrat d’affranchissement contre neuf onces d’argent, payables en neuf ans. Elle demanda de l’aide à ʿĀʾisha, qui proposa de payer toute la somme à condition de devenir sa patronne (walāʾ). Les maîtres voulurent garder le patronage pour eux. Le Prophète ﷺ dit à ʿĀʾisha : « Achète-la et affranchis-la, le patronage revient à celui qui affranchit. » Puis il prononça un sermon : « Qu’ont donc des gens à poser des conditions qui ne sont pas dans le Livre de Dieu ? Toute condition qui n’est pas dans le Livre de Dieu est nulle, même s’ils en posaient cent. » (al-Bukhārī et Muslim) Les quatre écoles fondent sur ce hadith la règle de la nullité des conditions contraires à la loi.

Le droit de choisir

Une fois libre, Barīra reçut le choix de rester ou non avec son mari, Mughīth, resté esclave. Elle choisit de se séparer. Mughīth la suivait dans les rues de Médine en pleurant, les larmes coulant sur sa barbe. Le Prophète ﷺ dit à al-ʿAbbās : « N’es-tu pas étonné de l’amour de Mughīth pour Barīra, et de l’aversion de Barīra pour Mughīth ? » Il demanda à Barīra : « Et si tu revenais vers lui ? — Messager de Dieu, est-ce un ordre ? — Non, j’interviens seulement. — Alors je n’ai pas besoin de lui. » (al-Bukhārī) Cette scène montre le respect du consentement de la femme : même le Prophète ﷺ distingue la recommandation de l’ordre.

L’aumône et le cadeau

On offrit à Barīra de la viande en aumône. Elle en offrit au Prophète ﷺ, qui en mangea et dit : « C’est une aumône pour elle, et un cadeau pour nous. » Règle reprise par les juristes de toutes les écoles.

Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 54.

Oeuvres notables

Aucun livre. Un hadith lui est attribué chez an-Nasāʾī ; son histoire est rapportée dans les deux Ṣaḥīḥ.