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Bilāl ibn Rabāḥ

Personnalité historique
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Biographie

Bilāl ibn Rabāḥ (m. v. 20 H / 641), esclave affranchi par Abū Bakr, torturé à La Mecque pour sa foi, il répétait « Aḥad, Aḥad ». Premier muezzin de l’islam, il appela à la prière pendant toute la vie du Prophète ﷺ, puis partit en Syrie où il mourut.

Bilāl ibn Rabāḥ

Le muezzin du Prophète ﷺ

Bilāl ibn Rabāḥ, dont la mère s’appelait Ḥamāma, fut l’esclave d’Umayya ibn Khalaf avant d’être racheté et affranchi par Abū Bakr. Les sources disent qu’il était d’origine abyssinienne, ou né d’esclaves au Ḥijāz. On lui donne plusieurs surnoms : Abū ʿAbd Allāh, Abū ʿAbd al-Karīm ou Abū ʿAmr. Il mourut en Syrie vers 20 H (641), à un peu plus de soixante ans. Dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 1, n° 76), adh-Dhahabī le présente comme « le muezzin du Messager de Dieu ﷺ, l’un des tout premiers croyants, torturés pour Dieu, présent à Badr, à qui le Prophète ﷺ a annoncé nommément le Paradis ».

« Aḥad, Aḥad »

ʿAbd Allāh ibn Masʿūd rapporte que les sept premiers à manifester publiquement leur islam furent le Prophète ﷺ, Abū Bakr, ʿAmmār, sa mère Sumayya, Bilāl, Ṣuhayb et al-Miqdād. Le Prophète ﷺ et Abū Bakr furent protégés par leurs clans. Les autres furent saisis par les polythéistes, revêtus de cottes de fer et exposés au soleil brûlant. Tous finirent par céder en paroles, sauf Bilāl : « Sa propre personne ne comptait plus pour lui face à Dieu, et il ne comptait plus pour les siens. » On le livra aux enfants, qui le traînaient dans les ravins de La Mecque, et il répétait : « Aḥad, Aḥad » (« Un, Un »).

Abū Bakr l’acheta et l’affranchit. ʿUmar disait : « Abū Bakr est notre maître, et il a affranchi notre maître », c’est-à-dire Bilāl. Bilāl, lui, refusait qu’on le mette au-dessus d’Abū Bakr : « Comment pourrait-on me préférer à lui, alors que je ne suis qu’une de ses bonnes actions ? »

Le premier muezzin

Quand l’appel à la prière fut institué à Médine, le Prophète ﷺ choisit Bilāl pour sa belle voix. Al-Qāsim ibn ʿAbd ar-Raḥmān disait : « Le premier à avoir appelé à la prière fut Bilāl. » Il appela à la prière toute la vie du Prophète ﷺ, aussi bien à Médine qu’en expédition.

Le Prophète ﷺ dit : « Les précurseurs sont quatre : je suis le précurseur des Arabes, Salmān celui des Perses, Bilāl celui des Abyssins et Ṣuhayb celui des Byzantins. » Adh-Dhahabī précise que la chaîne de ce hadith est faible.

Le bruit de ses pas au Paradis

Un matin, le Prophète ﷺ lui dit : « Raconte-moi l’acte dont tu espères le plus, depuis que tu es musulman, car j’ai entendu cette nuit le bruit de tes sandales devant moi au Paradis. » Bilāl répondit : « Je n’ai pas d’acte plus porteur d’espoir que celui-ci : jamais je ne me suis purifié, de jour ou de nuit, sans prier ensuite ce que Dieu m’a permis de prier. » (al-Bukhārī et Muslim)

Dans une autre version, il ajoute : « Je n’ai jamais appelé à la prière sans prier ensuite deux rakʿas, et chaque fois que j’ai perdu l’état de pureté, j’ai fait mes ablutions. » Ces deux rakʿas après les ablutions sont restées une sunna recommandée dans les quatre écoles.

En Syrie

Après la mort du Prophète ﷺ, Bilāl ne voulut plus appeler à la prière et partit combattre au Shām. Adh-Dhahabī rapporte aussi le récit selon lequel il revint à Médine après avoir vu le Prophète ﷺ en rêve, et lança l’appel à la demande d’al-Ḥasan et d’al-Ḥusayn, faisant pleurer toute la ville. Mais il précise que sa chaîne de transmission est faible et que le récit est « munkar » : on ne peut pas s’y fier.

Ceux qui l’ont vu le décrivent grand, mince, le teint très sombre, légèrement voûté, avec beaucoup de cheveux grisonnants qu’il ne teignait pas.

Sa mort

À l’approche de la mort, sa femme se lamentait : « Quel malheur ! » Il répondait : « Quelle joie ! » et chantait :

غَدًا نَلْقَى الأَحِبَّهْ … مُحَمَّدًا وَحِزْبَهْ

« Demain nous retrouverons les bien-aimés : Muḥammad et ses compagnons. »

Il mourut à Damas ou à Dārayyā vers 20 H et fut enterré près de Bāb aṣ-Ṣaghīr. D’autres sources mentionnent Alep. On rapporte de lui quarante-quatre hadiths, dont quatre dans les deux Ṣaḥīḥ.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 1, n° 76.

Oeuvres notables

Aucun livre. On rapporte de lui 44 hadiths, dont quatre dans les deux Ṣaḥīḥ.