Bishr al-Ḥāfī
« Le va-nu-pieds » de Bagdad
Abū Naṣr Bishr ibn al-Ḥārith ibn ʿAbd ar-Raḥmān al-Marwazī, né près de Marw en 150 H, vécut à Bagdad et y mourut en rabīʿ al-awwal 227 H (841). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le savant, l’ascète, le modèle, le shaykh al-islām ».
La conversion
On raconte qu’il trouva un jour dans la rue un morceau de papier portant le nom de Dieu, piétiné. Il le ramassa, le parfuma et le rangea. La nuit, il entendit en rêve : « Tu as parfumé Mon nom, Je parfumerai ton nom en ce monde et dans l’au-delà. » Il se repentit de sa jeunesse et se consacra à la science et à l’adoration.
Pourquoi « al-Ḥāfī » ?
On rapporte qu’un cordonnier, à qui il demandait de réparer une sandale, lui dit : « Que vous êtes exigeants ! » Bishr jeta ses sandales et jura de ne plus en porter. D’autres disent qu’il marchait pieds nus par humilité, car Dieu dit : « Dieu vous a fait de la terre un tapis » (71:19).
Le savant discret
Il avait beaucoup écrit le hadith auprès de Mālik, Ḥammād ibn Zayd et d’autres, mais il cessa de le transmettre, par crainte de la célébrité. Il disait : « Le hadith est une porte de ce monde, quand l’intention n’est pas pure. » Aḥmad ibn Ḥanbal disait de lui : « Il n’a pas laissé derrière lui son pareil », et l’imam ne se rendait chez personne sauf, parfois, chez Bishr.
Quelques paroles
- « Celui qui aime être connu ne goûte pas la douceur de l’au-delà. »
- « Ne te réjouis pas d’être aimé des gens avant de savoir comment tu es auprès de Dieu. »
- « Fais en sorte que tes bonnes actions soient cachées comme tu caches tes mauvaises. »
Sa mort
Tout Bagdad suivit son cortège, au point qu’on mit du matin à la nuit pour le porter jusqu’à sa tombe.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 10, n° 153.