Fāṭima bint Qays
La femme qui débattit avec les califes
Fāṭima bint Qays al-Fihriyya, de Quraysh, sœur d’aḍ-Ḍaḥḥāk ibn Qays, fut l’une des premières émigrées. Elle mourut sous le califat de Muʿāwiya. Adh-Dhahabī lui consacre une notice dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ et rappelle que « ses hadiths sont dans tous les grands recueils ».
Le conseil du Prophète ﷺ
Son mari, Abū ʿAmr ibn Ḥafṣ al-Makhzūmī, la répudia définitivement. Elle fut demandée en mariage par Muʿāwiya et Abū Jahm, et consulta le Prophète ﷺ, qui lui conseilla d’épouser plutôt Usāma ibn Zayd. Elle hésita, puis l’épousa : « Dieu y mit beaucoup de bien, et je fus enviée. » (Muslim)
Le hadith du logement et de la pension
Elle rapporta que le Prophète ﷺ lui avait dit qu’elle n’avait droit ni à un logement ni à une pension pendant sa période d’attente, après une répudiation définitive. ʿUmar refusa ce récit : « Nous ne laisserons pas le Livre de Dieu et la Sunna de notre Prophète pour la parole d’une femme dont nous ne savons pas si elle a retenu ou oublié. » ʿĀʾisha aussi contesta son interprétation. Fāṭima défendit fermement son récit, en s’appuyant sur le Coran.
Ce débat illustre la diversité des écoles :
- les ḥanbalites suivent son hadith : ni logement ni pension ;
- les ḥanafites retiennent l’avis de ʿUmar : logement et pension ;
- les mālikites et les shāfiʿites donnent le logement mais pas la pension, sauf grossesse.
Le récit d’al-Jassāsa
C’est elle aussi qui rapporta le long hadith de Tamīm ad-Dārī sur al-Jassāsa et l’Antéchrist, que le Prophète ﷺ raconta du haut de la chaire (Muslim). Ash-Shaʿbī, Abū Salama et d’autres l’interrogeaient et rapportaient d’elle.
Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 60.