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Ibn Mālik

Ibn Mālik

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Biographie

Ibn Mālik (600-672 H / 1203-1274), grammairien né à Jaén en al-Andalus et mort à Damas, est l’auteur de l’Alfiyya, poème d’environ mille vers qui résume toute la grammaire arabe. Mémorisée et commentée depuis des siècles, elle reste un pilier de l’enseignement traditionnel, notamment dans les maḥaḍras d’Afrique de l’Ouest.

Ibn Mālik

L’auteur de l’Alfiyya

Jamāl al-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Mālik al-Ṭāʾī est né à Jaén, en al-Andalus, vers 600 H (1203), et mort à Damas en 672 H (1274).

De l’Andalousie à Damas

Après ses premières études en al-Andalus, il partit pour l’Orient. Il enseigna à Alep et à Hama, puis s’installa à Damas, où il devint le maître incontesté de la grammaire et de la langue arabes. Il était aussi connu pour sa piété et sa connaissance des lectures du Coran et du hadith.

L’Alfiyya

Son œuvre la plus célèbre, al-Khulāṣa, dite l’Alfiyya (« le poème de mille vers »), présente l’ensemble de la grammaire arabe (naḥw) et de la morphologie (ṣarf) en vers faciles à mémoriser. Elle a été commentée par de nombreux savants : Ibn ʿAqīl, Ibn Hishām dans Awḍaḥ al-masālik, al-Ushmūnī, et bien d’autres.

Dans les écoles traditionnelles du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest, en particulier les maḥaḍras de Mauritanie et du Sénégal, l’Alfiyya est apprise par cœur après les textes d’initiation comme l’Ājurrūmiyya.

Autres ouvrages

Al-Kāfiya al-shāfiya, poème plus long dont l’Alfiyya est le résumé ; Tashīl al-fawāʾid ; Lāmiyyat al-afʿāl, sur la conjugaison.

Ce que rapporte adh-Dhahabī

Ibn Mālik n'a pas de notice dans le Siyar, mais adh-Dhahabī le présente dans son Tārīkh al-islām comme « le savant unique, Jamāl ad-Dīn, Abū ʿAbd Allāh aṭ-Ṭāʾī, de Jaén ».

Né à Jaén, en Andalousie, en 600 ou 601 H, il s'établit en Orient. Il étudia à Damas, fréquenta à Alep Ibn ʿAmrūn et d'autres grammairiens, puis se fixa à Damas, où il enseigna à la Turba ʿĀdiliyya et à la Grande Mosquée.

Adh-Dhahabī souligne l'étendue de sa maîtrise. Il fut un imam des lectures coraniques et de leurs justifications, et composa sur ce sujet un poème rimé en dāl de la taille de la Shāṭibiyya. Il était sans rival en lexicographie, en grammaire et en morphologie. Les plus grands savants s'étonnaient de sa connaissance des vers anciens qui servent de preuves en grammaire, et la poésie lui venait avec facilité.

Il insiste aussi sur sa personne : « une religion solide, une parole véridique, de nombreuses prières surérogatoires, une belle conduite, un cœur sensible, une raison accomplie, de la gravité et de la mesure ».

Parmi ses œuvres, il cite at-Tashīl, al-Kāfiya ash-shāfiya, al-Khulāṣa (la célèbre Alfiyya) avec son commentaire, et Ikmāl al-iʿlām bi-tathlīth al-kalām. Son fils Badr ad-Dīn et an-Nawawī comptent parmi ceux qui étudièrent auprès de lui.

Adh-Dhahabī reproduit plusieurs de ses petits poèmes didactiques, sur le genre des noms des parties du corps, les noms de l'or ou les dix chevaux d'une course. C'était sa manière de faire tenir la langue en quelques vers faciles à retenir.

Il mourut à Damas le 12 shaʿbān 672 H, âgé de plus de soixante-dix ans.

Source principale : adh-Dhahabī, Tārīkh al-islām, éd. Bashshār ʿAwwād Maʿrūf, t. 15, nécrologe de l'année 672 H, n° 86.

Photo : pages d’un manuscrit annoté d’un commentaire de l’Alfiyya par al-Suyūṭī.

Oeuvres notables

Al-Alfiyya (al-Khulāṣa) ; Al-Kāfiya al-shāfiya ; Tashīl al-fawāʾid ; Lāmiyyat al-afʿāl