Ibn Shihāb az-Zuhrī
Le premier à avoir consigné la Sunna
Abū Bakr Muḥammad ibn Muslim ibn ʿUbayd Allāh ibn Shihāb az-Zuhrī al-Qurashī, de la famille de Zuhra, naquit à Médine vers 50 H et mourut en ramaḍān 124 H (742) dans son domaine de Shaghb wa Badā, entre le Ḥijāz et la Syrie. Adh-Dhahabī lui consacre une longue notice intitulée « Les récits d’az-Zuhrī » dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ.
Une mémoire légendaire
Il apprit d’Ibn ʿUmar, d’Anas ibn Mālik, de Sahl ibn Saʿd, puis des grands tābiʿūn de Médine : Saʿīd ibn al-Musayyib, qu’il fréquenta huit ans, ʿUrwa, ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh, al-Qāsim, ʿAmra. Il disait : « Je n’ai jamais confié à mon cœur une science qu’il ait oubliée. » Le calife Hishām voulut l’éprouver : il lui fit dicter quatre cents hadiths, puis, un mois plus tard, lui dit qu’il avait perdu le cahier et lui redemanda de dicter : la seconde copie fut identique à la première.
La mise par écrit
Jusqu’alors, beaucoup de savants hésitaient à écrire les hadiths. Sur l’ordre de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, az-Zuhrī rassembla par écrit la Sunna qu’il connaissait. Il disait : « Les gouverneurs nous ont contraints à écrire ; ensuite, nous avons jugé bon de ne pas en priver les musulmans. » On considère ce travail comme le premier recueil officiel du hadith.
Le maître des maîtres
Ses élèves furent Mālik, Maʿmar, Sufyān ibn ʿUyayna, al-Layth, al-Awzāʿī, Ibn Isḥāq et bien d’autres. Mālik disait : « Az-Zuhrī était sans pareil en ce monde. » ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz recommandait : « Allez voir Ibn Shihāb : il ne reste personne de plus savant que lui dans la Sunna passée. » Il transmit aussi, d’après ʿUrwa, les récits des expéditions du Prophète ﷺ, base de la sīra d’Ibn Isḥāq.
Proximité avec le pouvoir
Il fréquenta la cour omeyyade et fut juge sous Yazīd ibn ʿAbd al-Malik. Certains contemporains le lui reprochèrent. Adh-Dhahabī reconnaît ce point, mais souligne qu’il resta digne de confiance et que la communauté s’est accordée sur la valeur de ses récits. Il était aussi d’une grande générosité, au point de s’endetter pour donner.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 5, n° 160.