Ibrāhīm ibn Adham
Le prince devenu ascète
Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn Adham ibn Manṣūr al-ʿIjlī, de Balkh, au Khorassan, d’une famille riche et noble, mourut vers 162 H (778) en Syrie, lors d’une expédition maritime contre Byzance selon certains récits. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le modèle, l’imam, le saint, le grand ascète ».
La conversion
Les récits racontent qu’au cours d’une chasse, il entendit une voix lui dire : « Ce n’est pas pour cela que tu as été créé. » Il quitta alors ses biens, échangea ses habits contre ceux d’un berger et partit vers La Mecque, puis la Syrie. Adh-Dhahabī rapporte ces récits avec prudence : certains détails sont embellis par la tradition.
Le travail des mains
En Syrie, il refusa de vivre de la charité : il travaillait comme moissonneur, gardien de vergers ou meunier, et partageait son salaire avec ses compagnons. Il disait : « La meilleure provision est celle que l’on gagne à la sueur de son front. » Il apprit aussi le hadith, de Manṣūr et d’autres, et Sufyān ath-Thawrī l’estimait.
Quelques paroles
- « Nous avons cherché le détachement, et nous l’avons trouvé dans trois choses : nous avons vu que la tombe nous attend, sans compagnon ; que la route est longue, sans provision ; et que le Roi tout-puissant juge, sans que nous ayons de preuve. »
- À ceux qui demandaient pourquoi leurs invocations n’étaient pas exaucées : « Parce que vous connaissez Dieu et ne Lui obéissez pas, vous lisez le Coran et ne l’appliquez pas, vous prétendez aimer le Prophète ﷺ et délaissez sa Sunna… »
- « Nous sommes dans une joie que, si les rois la connaissaient, ils nous la disputeraient par l’épée. »
Le combattant
Il passa ses dernières années aux frontières de Byzance, alternant combat, travail et prière. Il fut enterré, selon les récits, sur une île ou une côte de la Méditerranée.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 7, n° 142.