Jaʿfar aṣ-Ṣādiq
Le savant de la famille du Prophète ﷺ
Abū ʿAbd Allāh Jaʿfar ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn al-Hāshimī, fils de Muḥammad al-Bāqir, naquit à Médine en 80 H et y mourut en 148 H (765). Sa mère, Umm Farwa, était l’arrière-petite-fille d’Abū Bakr. Il disait : « Abū Bakr m’a donné naissance deux fois », car sa grand-mère maternelle descendait aussi d’Abū Bakr. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le shaykh des Banū Hāshim, l’un des grands savants ».
Le maître des imams
Il apprit de son père, d’ʿAṭāʾ, de ʿUrwa, de Nāfiʿ et d’az-Zuhrī. Parmi ceux qui rapportèrent de lui figurent Mālik, Sufyān ath-Thawrī, Sufyān ibn ʿUyayna, Shuʿba et Ibn Jurayj. On rapporte qu’Abū Ḥanīfa dit : « Je n’ai pas vu plus savant que Jaʿfar ibn Muḥammad. » Mālik disait : « Je l’ai fréquenté longtemps ; je le trouvais toujours dans l’une de ces trois occupations : en prière, en jeûne ou en train de réciter le Coran. Il ne rapportait un hadith qu’en état de pureté. »
L’attachement aux compagnons
Adh-Dhahabī rapporte de lui, comme dans la notice de ʿUmar : « Je désavoue quiconque mentionne Abū Bakr et ʿUmar autrement qu’en bien. » Il disait aussi : « J’espère de l’intercession de ʿAlī ce que j’espère de celle d’Abū Bakr. » Adh-Dhahabī en conclut que bien des propos qui lui sont attribués par des extrémistes sont mensongers.
Une parole
« La prière est l’offrande de chaque homme pieux ; le pèlerinage est le combat de chaque faible ; la zakāt du corps, c’est le jeûne ; et l’appel du demandeur sans œuvre est comme celui qui tire à l’arc sans corde. »
Un héritage partagé
Il est l’imam d’où tire son nom l’école juridique jaʿfarite des chiites duodécimains. Les sunnites le considèrent comme un savant fiable : Muslim et les auteurs des Sunan rapportent ses hadiths, et les quatre écoles le tiennent en haute estime. Les ouvrages d’alchimie, de divination ou d’interprétation ésotérique qui lui sont attribués ne sont pas authentiques selon les spécialistes.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 6, n° 117.