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Muḥammad ibn Sīrīn

Savant
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Biographie

Muḥammad ibn Sīrīn (v. 33-110 H / 653-729), tābiʿī de Baṣra, affranchi d’Anas ibn Mālik, élève de nombreux compagnons. Célèbre pour son scrupule dans la transmission du hadith (« cette science est une religion ») et pour l’interprétation des rêves.

Muḥammad ibn Sīrīn

Le savant scrupuleux et l’interprète des rêves

Abū Bakr Muḥammad ibn Sīrīn al-Anṣārī al-Baṣrī était l’affranchi d’Anas ibn Mālik. Son père, Sīrīn, captif de Jarjarāyā en Irak, avait acheté sa liberté à Anas par un contrat d’affranchissement. Sa mère, Ṣafiyya, était une affranchie d’Abū Bakr. Il naquit deux ans avant la fin du califat de ʿUthmān (vers 33 H) et mourut à Baṣra en shawwāl 110 H (729), cent jours après al-Ḥasan al-Baṣrī. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 4, n° 246) comme « l’imam, le shaykh al-islām ».

Un élève des compagnons

Il apprit d’Abū Hurayra, de ʿImrān ibn Ḥuṣayn, d’Ibn ʿAbbās, d’Ibn ʿUmar, d’Anas et de ʿAdī ibn Ḥātim, ainsi que de grands tābiʿūn comme le juge Shurayḥ et ʿAbīda as-Salmānī. Parmi ses élèves figurent Qatāda, Ayyūb as-Sakhtiyānī, Ibn ʿAwn et Hishām ibn Ḥassān.

Le scrupule dans le savoir

Il est resté célèbre pour son exigence dans la transmission. C’est à lui qu’on attribue cette parole devenue la devise des spécialistes du hadith, citée par Muslim en introduction de son Ṣaḥīḥ :

« إِنَّ هَذَا العِلْمَ دِينٌ، فَانْظُرُوا عَمَّنْ تَأْخُذُونَ دِينَكُمْ » « Cette science est une religion : regardez donc de qui vous prenez votre religion. »

Il disait aussi : « Les gens ne demandaient pas les chaînes de transmission. Quand la discorde (fitna) est survenue, ils ont dit : “Nommez-nous vos hommes.” On prenait le hadith des gens de la Sunna, et on laissait celui des gens d’innovation. » (Muslim)

Il ne rapportait les hadiths que mot pour mot, et son scrupule dans le commerce était tel qu’il renonçait à des gains importants par crainte d’un doute.

L’interprète des rêves

Il fut le plus célèbre interprète des rêves de son temps. Il interprétait avec prudence et répondait souvent : « Crains Dieu et fais le bien dans ton état de veille, ce que tu vois dans ton sommeil ne te nuira pas. » Le livre d’interprétation des rêves qu’on lui attribue a été composé bien plus tard, à partir de ce qu’on rapportait de lui.

Son amitié avec al-Ḥasan

Ibn Sīrīn et al-Ḥasan al-Baṣrī étaient les deux grands savants de Baṣra. Ils avaient des tempéraments très différents : al-Ḥasan, austère et grave, Ibn Sīrīn, souriant le jour et pleurant la nuit. Un ami d’Ibn Sīrīn raconte l’avoir vu en rêve après sa mort et lui avoir demandé ce que devenait al-Ḥasan. Il répondit : « Il a été élevé de soixante-dix degrés au-dessus de moi. — Pourquoi ? — À cause de la longueur de sa tristesse. »

L’imam al-Awzāʿī partit de Syrie pour le rencontrer, sur le conseil de Yaḥyā ibn Abī Kathīr. Il le trouva sur son lit de mort, lui rendit visite, mais ne put rien entendre de lui.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 4, n° 246.

Oeuvres notables

Aucun livre authentifié. Le traité d’interprétation des rêves qui lui est attribué a été composé plus tard.