Muṣʿab ibn ʿUmayr
Le premier ambassadeur de l’islam
Muṣʿab ibn ʿUmayr ibn Hāshim, de la famille de ʿAbd ad-Dār, branche de Quraysh, mourut en martyr à la bataille d’Uḥud en 3 H (625), à une quarantaine d’années. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 1, n° 7) comme « le maître, le martyr, le précurseur, le badrite ».
Le jeune homme le plus choyé de La Mecque
Saʿd ibn Abī Waqqāṣ raconte : « Muṣʿab était le jeune homme le plus choyé de La Mecque, entre son père et sa mère. » Il portait les plus beaux habits et le meilleur parfum. Devenu musulman, il fut déshérité et maltraité par sa famille, émigra en Abyssinie, puis connut la faim et la pauvreté. Saʿd ajoute : « Je l’ai vu, sa peau se desquamait comme celle d’un serpent. Il n’arrivait plus à marcher, et nous le portions sur nos épaules. »
ʿAlī raconte qu’un jour Muṣʿab entra à la mosquée vêtu d’un manteau rapiécé avec une peau de mouton. Le Prophète ﷺ se souvint du luxe dans lequel il vivait autrefois, et ses yeux se remplirent de larmes.
Le premier émigré à Médine
Après le premier serment d’al-ʿAqaba, le Prophète ﷺ l’envoya à Médine pour y enseigner le Coran. Al-Barāʾ ibn ʿĀzib raconte : « Le premier des émigrés à venir chez nous fut Muṣʿab ibn ʿUmayr. » On l’appelait « al-Muqriʾ », l’enseignant du Coran. Par sa douceur et sa sagesse, il gagna à l’islam des chefs comme Saʿd ibn Muʿādh et Usayd ibn Ḥuḍayr, et presque toutes les maisons des Anṣār. Il fut aussi le premier à diriger la prière du vendredi à Médine. Un an plus tard, il revint avec les soixante-dix Anṣār du second serment.
Le porte-étendard d’Uḥud
À Badr puis à Uḥud, il porta l’étendard des émigrés. À Uḥud, il fut tué en le défendant.
Un linceul trop court
Khabbāb ibn al-Aratt raconte : « Nous avons émigré avec le Messager de Dieu ﷺ en recherchant la face de Dieu. Certains d’entre nous sont partis sans avoir rien goûté de leur récompense ici-bas, dont Muṣʿab ibn ʿUmayr. Il fut tué à Uḥud et ne laissa qu’un manteau rayé. Quand nous lui couvrions la tête, ses pieds dépassaient ; quand nous couvrions ses pieds, sa tête dépassait. Le Prophète ﷺ nous dit : “Couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds de l’idhkhir.” » (al-Bukhārī et Muslim)
Des années plus tard, ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, devenu riche, pleurait devant un repas : « Muṣʿab ibn ʿUmayr a été tué, et il était meilleur que moi. On n’a trouvé pour l’envelopper qu’un seul vêtement. Puis ce monde nous a été ouvert. Je crains que nos bonnes actions nous aient été payées d’avance. » Et il pleura jusqu’à en délaisser son repas.
Les commentateurs rattachent à Muṣʿab et aux martyrs d’Uḥud le verset : « Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Dieu » (33:23).
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 1, n° 7.