Nāfiʿ al-Madanī
Le maître des lecteurs de Médine
Abū Ruwaym Nāfiʿ ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Nuʿaym al-Laythī, d’origine iṣfahānaise, vécut à Médine et y mourut en 169 H (785), vers quatre-vingt-dix-neuf ans. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le lecteur de Médine, l’un des sept lecteurs ».
Soixante-dix maîtres
Nāfiʿ disait : « J’ai récité le Coran devant soixante-dix tābiʿūn. » Parmi eux, Abū Jaʿfar Yazīd ibn al-Qaʿqāʿ et ʿAbd ar-Raḥmān ibn Hurmuz al-Aʿraj, qui remontent à Ibn ʿAbbās, Abū Hurayra et Ubayy ibn Kaʿb. Il retenait ce sur quoi au moins deux de ses maîtres s’accordaient, et laissait ce qu’un seul rapportait. Il enseigna à la mosquée du Prophète ﷺ pendant plus de soixante-dix ans.
L’homme
On rapporte qu’une bonne odeur émanait de sa bouche quand il parlait. On lui demanda s’il se parfumait ; il répondit : « Je ne touche aucun parfum, mais j’ai vu en rêve le Prophète ﷺ réciter dans ma bouche. » Adh-Dhahabī rapporte ce récit sans le garantir.
L’imam Mālik récita le Coran devant lui et disait : « La lecture de Nāfiʿ est la Sunna. »
Warsh et Qālūn
Ses deux principaux transmetteurs furent Qālūn (ʿĪsā ibn Mīnā), son beau-fils, et Warsh (ʿUthmān ibn Saʿīd), venu d’Égypte. La transmission de Warsh est la lecture dominante au Maghreb, en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, en Mauritanie et au Mali, et celle de Qālūn en Libye et en Tunisie. Pour beaucoup de lecteurs de TAHA ACADEMY, c’est donc par Nāfiʿ que le Coran est récité.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 7, n° 121.