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Qatāda ibn Diʿāma

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Biographie

Qatāda ibn Diʿāma as-Sadūsī (60-118 H / 680-736), tābiʿī aveugle de Baṣra, élève d’Anas ibn Mālik et d’al-Ḥasan al-Baṣrī. Célèbre pour sa mémoire, il fut l’un des grands exégètes et traditionnistes de son temps.

Qatāda ibn Diʿāma

La mémoire de Baṣra

Abū l-Khaṭṭāb Qatāda ibn Diʿāma as-Sadūsī, de la tribu arabe de Sadūs, naquit aveugle à Baṣra en 60 H (680) et mourut à Wāsiṭ en 117 ou 118 H (736), de la peste selon certains récits. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « le ḥāfiẓ de son époque, le modèle des exégètes et des traditionnistes ».

Un élève insatiable

Il apprit d’Anas ibn Mālik, de ʿAbd Allāh ibn Sarjis, de Saʿīd ibn al-Musayyib, d’Abū l-ʿĀliya, d’ʿIkrima et surtout d’al-Ḥasan al-Baṣrī. Il disait : « J’ai fréquenté al-Ḥasan douze ans, et prié avec lui la prière de l’aube pendant trois ans ; un homme comme moi prend d’un homme comme lui. » Il voyagea aussi à Médine auprès de Saʿīd ibn al-Musayyib, qui finit par lui dire : « Pars, aveugle, tu m’as vidé de ma science. »

Une mémoire hors du commun

Il disait : « Mes oreilles n’ont jamais entendu une chose que mon cœur n’ait retenue. » On lui lut un jour un recueil de hadiths de Jābir une seule fois, et il le retint en entier. Ibn al-Musayyib disait : « Il n’est venu à moi aucun Irakien meilleur que Qatāda. » L’imam Aḥmad le citait comme « le plus grand ḥāfiẓ des gens de Baṣra ».

L’exégète

Ses explications du Coran, transmises par Maʿmar et Saʿīd ibn Abī ʿArūba, sont très présentes chez aṭ-Ṭabarī et ʿAbd ar-Razzāq. Il disait : « Il n’y a pas un verset du Coran au sujet duquel je n’aie entendu quelque chose. »

Une réserve

Les critiques lui reprochaient de transmettre parfois de façon imprécise (tadlīs) et d’avoir tenu des propos sur le destin (qadar) qui le rapprochaient des Qadarites. Adh-Dhahabī le défend et rappelle que la communauté a accepté ses récits quand il précise de qui il a entendu. Il cite, d’après al-Bukhārī, son hadith d’Abū Hurayra : « Ma miséricorde l’emporte sur Ma colère. »

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 5, n° 132.

Oeuvres notables

Aucun livre conservé en tant que tel. Son exégèse est largement citée par aṭ-Ṭabarī et ʿAbd ar-Razzāq.