Saʿd ibn Abī Waqqāṣ
Le cavalier dont les prières étaient exaucées
Abū Isḥāq Saʿd ibn Abī Waqqāṣ Mālik ibn Uhayb az-Zuhrī al-Qurashī, de La Mecque, était de la famille de Zuhra, comme Āmina, la mère du Prophète ﷺ, qui l’appelait parfois « mon oncle maternel ». Il embrassa l’islam vers dix-sept ans et mourut en 55 H (675) dans son domaine d’al-ʿAqīq, près de Médine. Il fut le dernier des dix compagnons à qui le Paradis fut annoncé à quitter ce monde. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 1, n° 5) comme « l’émir, l’un des dix, l’un des premiers croyants, présent à Badr et à al-Ḥudaybiya, l’un des six du conseil ». Il rapporta un nombre important de hadiths, dont quinze dans les deux Ṣaḥīḥ, cinq propres à al-Bukhārī et dix-huit propres à Muslim.
La foi plus forte que l’amour d’une mère
Quand Saʿd devint musulman, sa mère jura de ne plus manger ni boire jusqu’à ce qu’il renie sa foi. Il lui répondit : « Mère, même si tu avais cent âmes et qu’elles sortaient une à une, je n’abandonnerais pas ma religion. » Elle finit par manger. Le verset suivant descendit à ce sujet : « Et s’ils te pressent de M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas, mais reste avec eux ici-bas de façon convenable » (31:15). La règle d’or de la piété filiale dans l’islam vient de là : bonté envers les parents, sans obéissance dans la désobéissance à Dieu.
« Tire, que mon père et ma mère te servent de rançon ! »
Saʿd fut le premier à tirer une flèche dans la voie de Dieu. À Uḥud, il resta près du Prophète ﷺ qui lui tendait les flèches en disant : « Tire, Saʿd, que mon père et ma mère te servent de rançon ! » ʿAlī disait : « Je n’ai jamais entendu le Prophète ﷺ réunir son père et sa mère pour quelqu’un d’autre que Saʿd. » (al-Bukhārī et Muslim)
Une prière exaucée
Le Prophète ﷺ invoqua pour lui : « Ô Dieu, exauce ses prières et rends son tir juste. » Ses contemporains craignaient donc ses invocations. Saʿīd ibn al-Musayyib raconte qu’un homme insultait ʿAlī, Ṭalḥa et az-Zubayr. Saʿd lui dit : « Ne t’en prends pas à mes frères. » L’homme continua. Saʿd pria deux rakʿas et invoqua Dieu contre lui. Peu après, un chameau furieux fendit la foule et écrasa l’homme. Les gens suivaient Saʿd en lui disant : « Félicitations, Abū Isḥāq, ta prière a été exaucée ! »
Le conquérant de l’Irak
ʿUmar lui confia l’armée qui affronta les Perses. Il remporta la bataille d’al-Qādisiyya (15 H), prit al-Madāʾin, la capitale des Sassanides, et fonda la ville de Kūfa. Quand des habitants de Kūfa se plaignirent à ʿUmar qu’il ne priait pas bien, Saʿd répondit : « Je prolonge les deux premières rakʿas et j’abrège les deux dernières, et je ne m’écarte pas de la prière du Messager de Dieu ﷺ. » ʿUmar lui dit : « C’est bien ce que je pensais de toi. » Ce hadith, rapporté par al-Bukhārī et Muslim, est utilisé dans les quatre écoles pour la manière de répartir la récitation dans la prière.
Loin de la discorde
ʿUmar le plaça dans le conseil des six. Après le meurtre de ʿUthmān, Saʿd refusa de prendre part à la guerre civile entre musulmans. Il se retira dans son domaine d’al-ʿAqīq et disait qu’il ne combattrait qu’avec une épée capable de distinguer le croyant du mécréant. Adh-Dhahabī relève l’exemple qu’il donna de retenue en temps de discorde.
Sa mort
Mourant, il demanda qu’on l’enveloppe dans un vieux manteau de laine : « C’est dans ce manteau que j’ai affronté les polythéistes le jour de Badr. Je l’ai gardé pour ce jour. » Il fut porté sur les épaules des hommes jusqu’à Médine et enterré à al-Baqīʿ, vers soixante-dix ou quatre-vingts ans.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 1, n° 5.