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Salmān al-Fārisī

Personnalité historique
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Biographie

Salmān al-Fārisī (m. v. 33-36 H / 653-656), Perse d’Iṣfahān qui quitta le mazdéisme puis le christianisme en quête de vérité, fut réduit en esclavage et arriva à Médine où il reconnut le Prophète ﷺ. Il proposa le creusement du fossé lors de la bataille du même nom, puis gouverna al-Madāʾin en vivant du travail de ses mains.

Salmān al-Fārisī

Le chercheur de vérité venu de Perse

Abū ʿAbd Allāh Salmān al-Fārisī, que l’on appelait aussi « Salmān, fils de l’islam », était originaire du village de Jayy, près d’Iṣfahān. Il mourut à al-Madāʾin, en Irak, sous le califat de ʿUthmān, vers 33 ou 36 H (653-656), à un âge très avancé. Adh-Dhahabī lui consacre dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 1, n° 91) une longue notice intitulée « L’histoire de Salmān al-Fārisī ». Il le décrit comme « intelligent, ferme, parmi les hommes sages, les adorateurs et les nobles ».

Le récit de sa quête

Salmān raconta lui-même son histoire à Ibn ʿAbbās (rapportée par Ibn Isḥāq et l’imam Aḥmad) :

  • Fils d’un notable mazdéen, il était chargé de garder le feu sacré allumé jour et nuit. Son père l’aimait au point de le garder enfermé à la maison.
  • Un jour, envoyé dans les terres de son père, il passa devant une église et fut touché par la prière des chrétiens : « Par Dieu, cela vaut mieux que notre religion. » Il s’enfuit en Syrie, malgré les chaînes que son père lui avait mises.
  • Il servit successivement plusieurs moines, à Damas, à Mossoul, à Nisibe, puis à ʿAmmūriya. Le dernier lui annonça, avant de mourir, la venue d’un prophète en terre d’Arabie, avec des signes précis : il accepterait les cadeaux mais pas l’aumône, et il porterait entre les épaules le sceau de la prophétie.
  • Des marchands arabes à qui il avait demandé de l’emmener le trahirent et le vendirent comme esclave à un juif. Il arriva ainsi à Médine, au milieu des palmiers que le moine lui avait décrits.

Quand le Prophète ﷺ arriva à Médine, Salmān vérifia les trois signes l’un après l’autre. Il lui offrit d’abord des dattes comme aumône : le Prophète ﷺ les donna à ses compagnons sans en manger. Puis il lui offrit des dattes en cadeau : le Prophète ﷺ en mangea. Enfin, à al-Baqīʿ, il vit le sceau entre ses épaules et se jeta en pleurant pour l’embrasser.

La liberté

Son maître accepta de l’affranchir contre trois cents palmiers plantés et quarante onces d’or. Le Prophète ﷺ demanda à ses compagnons de l’aider, planta lui-même les palmiers de sa main et lui donna un morceau d’or pour payer le reste. Salmān, devenu libre, participa à la bataille du Fossé (5 H), première bataille à laquelle il prit part.

L’idée du fossé

Lorsque les coalisés marchèrent sur Médine, c’est Salmān qui proposa de creuser un fossé, technique de défense perse inconnue des Arabes. Les Muhājirūn et les Anṣār se disputèrent même à son sujet : chacun disait « Salmān est des nôtres ». On rapporte que le Prophète ﷺ dit : « Salmān est des nôtres, des gens de la maison. »

Le gouverneur qui tressait des paniers

Le Prophète ﷺ le fit frère d’Abū d-Dardāʾ, à qui il donna un jour ce conseil : « Ton Seigneur a un droit sur toi, ton âme a un droit sur toi, et ta famille a un droit sur toi : donne à chacun son droit. » Le Prophète ﷺ approuva : « Salmān a dit vrai. » (al-Bukhārī)

Nommé gouverneur d’al-Madāʾin par ʿUmar, il vivait du travail de ses mains en tressant des paniers et donnait en aumône son allocation. Quand il visitait la Syrie, les gens allaient à sa rencontre comme on accueille un calife, et les notables se disputaient l’honneur de le loger. À Beyrouth, il rappela aux soldats de garde la parole du Prophète ﷺ : « Une journée et une nuit de garde aux frontières valent un mois de jeûne et de prière. »

On lui attribue soixante hadiths dans le Musnad de Baqī ibn Makhlad, dont quatre chez al-Bukhārī et trois chez Muslim.

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 1, n° 91.

Oeuvres notables

Aucun livre. 60 hadiths lui sont attribués, dont 4 chez al-Bukhārī et 3 chez Muslim.