Saḥnūn
Le juriste de Kairouan
Abū Saʿīd ʿAbd as-Salām ibn Saʿīd at-Tanūkhī, surnommé Saḥnūn, du nom d’un oiseau vif, naquit à Kairouan en 160 H et y mourut en rajab 240 H (854). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, l’allama, le juriste, le savant du Maghreb ».
Le voyage en Orient
Il étudia d’abord en Ifrīqiya, puis partit en 188 H vers l’Égypte et le Ḥijāz. Il arriva trop tard pour connaître Mālik, mort en 179 H, mais étudia auprès de ses grands élèves : Ibn al-Qāsim, Ibn Wahb et Ashhab en Égypte, ainsi qu’auprès de Sufyān ibn ʿUyayna à La Mecque.
La Mudawwana
Rentré à Kairouan avec les questions qu’Asad ibn al-Furāt avait posées à Ibn al-Qāsim, il les revit avec ce dernier, les corrigea et les classa par chapitres, en y ajoutant des hadiths et des avis des compagnons. Cette Mudawwana est devenue la référence de l’école mālikite, au Maghreb, en Andalousie et en Afrique de l’Ouest, avant même le Mukhtaṣar de Khalīl.
Le juge
À soixante-quatorze ans, il accepta après de longues hésitations la charge de juge d’Ifrīqiya, à condition de pouvoir juger aussi les princes et les puissants. Il refusa toute rémunération et rendit la justice avec une rigueur restée célèbre. Il disait : « Le plus malheureux des hommes est celui qui vend sa religion pour le monde d’un autre. »
L’école de Kairouan
Plus de sept cents savants étudièrent auprès de lui, selon les récits. Son fils Muḥammad ibn Saḥnūn, Ibn ʿAbdūs et d’autres firent de Kairouan la capitale du mālikisme, d’où il se diffusa vers l’Andalousie et l’Afrique subsaharienne.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 12, n° 15.