Sawda bint Zamʿa
La première épouse après Khadīja
Sawda bint Zamʿa ibn Qays al-ʿĀmiriyya, de Quraysh, mourut à Médine à la fin du califat de ʿUmar, vers 22 H (643). Adh-Dhahabī la présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « une dame noble et respectée ».
Une émigrée de la première heure
Elle embrassa l’islam très tôt avec son premier mari, as-Sakrān ibn ʿAmr, frère de Suhayl ibn ʿAmr, et émigra avec lui en Abyssinie. Revenus à La Mecque, son mari mourut. Après la mort de Khadīja, le Prophète ﷺ l’épousa. Elle fut sa seule épouse pendant environ trois ans, avant l’arrivée de ʿĀʾisha à Médine.
Le cœur généreux
Avançant en âge, elle craignit d’être répudiée et céda sa nuit à ʿĀʾisha, en disant : « Je ne veux qu’une chose : être ressuscitée parmi ses épouses. » Le Prophète ﷺ la garda. Les commentateurs rattachent à cet épisode le verset sur la réconciliation entre époux : « La réconciliation est meilleure » (4:128). Les juristes des quatre écoles en tirent la règle selon laquelle une épouse peut renoncer volontairement à son tour de nuit.
ʿĀʾisha disait : « Je n’ai jamais vu de femme dont j’aurais aimé être à la place plus que Sawda, malgré une certaine vivacité. » Elle était aussi connue pour son humour, qui faisait rire le Prophète ﷺ.
Sa générosité
ʿUmar lui envoya un jour un sac de dirhams. Elle demanda ce que c’était, puis les distribua comme on distribue des dattes. Elle travaillait de ses mains et vendait des peaux tannées pour faire l’aumône.
Elle fut la première des épouses autorisées à quitter Muzdalifa de nuit lors du pèlerinage, à cause de son embonpoint : une facilité que les écoles juridiques accordent depuis aux personnes faibles.
Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 40.