Shuhda bint Abī Naṣr Aḥmad ibn al-Faraj ad-Dīnawarī, puis al-Baghdādiyya, dite al-Kātiba (« la calligraphe »), est une savante de Bagdad. Adh-Dhahabī la présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « la musnida de l’Irak, la fierté des femmes (fakhr an-nisāʾ) ». Une musnida est une personne qui détient les chaînes de transmission les plus courtes de son époque.
Ses maîtres
Née à Bagdad après 480 H, elle entendit Abū l-Fawāris Ṭirād az-Zaynabī, Ibn Ṭalḥa an-Niʿālī, Abū l-Ḥasan ibn Ayyūb, Abū l-Khaṭṭāb ibn al-Baṭir, Thābit ibn Bundār, Jaʿfar as-Sarrāj et d’autres. Ses maîtres sont réunis dans une Mashyakha que les savants entendaient d’elle.
La calligraphe
Ibn al-Jawzī, qui lut auprès d’elle, rapporte qu’elle avait une très belle écriture. Le shaykh Muwaffaq ad-Dīn Ibn Qudāma précise que son écriture s’altéra dans la vieillesse.
Une maîtresse très suivie
Parmi ses élèves figurent de très grands noms :
- l’historien de Damas Ibn ʿAsākir ;
- as-Samʿānī, auteur d’al-Ansāb ;
- Ibn al-Jawzī ;
- ʿAbd al-Ghanī al-Maqdisī ;
- Muwaffaq ad-Dīn Ibn Qudāma, auteur d’al-Mughnī.
Ibn Qudāma dit : « La chaîne de transmission de Bagdad aboutit à elle. Elle vécut si longtemps qu’elle relia les petits aux grands », c’est-à-dire les jeunes élèves aux maîtres anciens.
Sa vie et sa mort
Selon Ibn al-Jawzī, elle épousa l’un des intendants du calife, fréquenta les savants et était connue pour sa bienfaisance. Elle mourut le 14 muḥarram 574 H (1178), à près de cent ans. Une foule nombreuse et la plupart des savants assistèrent à ses funérailles.
Ce qu’on retient d’elle
- Une femme dont les plus grands savants de plusieurs écoles se sont dits les élèves.
- Le savoir, l’art de l’écriture et la longévité au service de la transmission.
Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 20, n° 344.