Ubayy ibn Kaʿb
« Le maître des lecteurs du Coran »
Abū l-Mundhir Ubayy ibn Kaʿb ibn Qays al-Anṣārī an-Najjārī, de Médine, fut l’un des Anṣār présents au serment d’al-ʿAqaba et à Badr. Il mourut à Médine sous le califat de ʿUmar ou de ʿUthmān : al-Wāqidī cite 22 H, mais juge plus solide l’avis qu’il vécut jusqu’en 30 H, car ʿUthmān l’associa au rassemblement du Coran. Adh-Dhahabī l’appelle dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 1, n° 82) « le maître des lecteurs, le lecteur badrite », et ajoute : « Il rassembla le Coran du vivant du Prophète ﷺ, le récita devant lui et garda de lui une science bénie ; il était un chef en science et en pratique. »
On le décrit de taille moyenne, mince, la tête et la barbe toutes blanches.
« Dieu t’a nommé ? »
Anas rapporte que le Prophète ﷺ dit à Ubayy : « Dieu m’a ordonné de te réciter le Coran. » Ubayy demanda : « Dieu m’a nommé à toi ? — Oui. — On a parlé de moi auprès du Seigneur des mondes ? — Oui. » Et ses yeux se remplirent de larmes. (al-Bukhārī et Muslim)
Le Prophète ﷺ lui demanda aussi : « Quel est le plus grand verset du Livre de Dieu ? » Il répondit : « Allāhu lā ilāha illā huwa l-Ḥayyu l-Qayyūm » (le verset du Trône, 2:255). Le Prophète ﷺ lui frappa la poitrine en disant : « Que la science te soit agréable, Abū l-Mundhir ! » (Muslim)
لِيَهْنِكَ العِلْمُ أَبَا المُنْذِرِ
Le premier lecteur de la communauté
Le Prophète ﷺ disait : « Le meilleur lecteur de ma communauté est Ubayy. » ʿUmar disait : « ʿAlī est le meilleur juge d’entre nous, et Ubayy le meilleur lecteur. » Ubayy disait à ʿUmar : « J’ai reçu le Coran de celui qui l’a reçu de Gabriel, alors qu’il était encore tout frais. » Il fut l’un des quatre Anṣār qui avaient rassemblé le Coran du vivant du Prophète ﷺ, et l’un des douze hommes que ʿUthmān réunit pour établir le muṣḥaf. Plusieurs lectures canoniques remontent à lui par ses élèves, comme celles de Nāfiʿ et d’Ibn Kathīr.
La fièvre qu’il demanda
Il demanda au Prophète ﷺ : « Quelle est la récompense de la fièvre ? — Elle fait couler les bonnes actions sur celui qui en souffre. » Ubayy invoqua alors : « Ô Dieu, je Te demande une fièvre qui ne m’empêche pas de sortir dans Ta voie. » On dit qu’il eut ensuite la fièvre chaque soir. Adh-Dhahabī remarque avec finesse que cette fièvre permanente rendit son caractère un peu vif, ce qui explique que Zirr ibn Ḥubaysh le trouvait parfois rude.
« Le maître des musulmans »
Un homme vint voir ʿUmar et trouva à côté de lui un homme aux habits et aux cheveux blancs qui disait : « Ce monde contient notre provision et notre viatique pour l’au-delà, et nos œuvres pour lesquelles nous serons rétribués. » Il demanda qui c’était. ʿUmar répondit : « C’est le maître des musulmans, Ubayy ibn Kaʿb. »
Ibn ʿAbbās a rapporté de lui le récit de Moïse et d’al-Khaḍir, qui se trouve dans les deux Ṣaḥīḥ. On lui attribue cent soixante-quatre hadiths, dont plus de soixante dans les six livres.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 1, n° 82.