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ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz

Personnalité historique
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Biographie

ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz (61-101 H / 681-720), calife omeyyade, arrière-petit-fils de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb par sa mère. Savant et ascète, il gouverna deux ans et demi avec une telle justice qu’on l’appelle le « cinquième calife bien guidé ». Il ordonna la première mise par écrit officielle de la Sunna.

ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz

Le cinquième calife bien guidé

Abū Ḥafṣ ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ibn Marwān al-Umawī naquit à Médine (ou à Ḥulwān, en Égypte) en 61 ou 63 H (681) et mourut à Dayr Simʿān, en Syrie, en rajab 101 H (720), à trente-neuf ans. Sa mère, Umm ʿĀṣim, était la petite-fille de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. On le surnommait « Ashajj Banī Umayya », le balafré des Omeyyades, à cause d’une cicatrice reçue d’un cheval dans son enfance. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 5, n° 48) comme « l’imam, le ḥāfiẓ, le grand savant, le mujtahid, l’ascète, l’adorateur, le Commandeur des croyants au vrai sens du mot, le calife bien guidé ».

Un savant avant d’être calife

Élevé à Médine, il étudia auprès des grands savants de la ville, dont Saʿīd ibn al-Musayyib, ʿUrwa et ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh. Anas ibn Mālik pria derrière lui et dit : « Je n’ai vu personne dont la prière ressemble plus à celle du Messager de Dieu ﷺ que ce jeune homme. » Ibn Saʿd le décrit comme « digne de confiance, sûr, doté de science, de fiqh et de scrupule ; il rapporta beaucoup de hadiths et fut un imam juste ». Adh-Dhahabī le compte parmi les imams mujtahid.

Gouverneur de Médine sous al-Walīd, il ne prenait aucune décision sans consulter dix juristes de la ville.

Le califat d’un ascète

Désigné calife en 99 H par son cousin Sulaymān, il gouverna deux ans et cinq mois seulement. Il renonça à ses biens personnels et à ceux de sa famille acquis injustement, les rendit au Trésor public, et vécut très modestement. Il mit fin aux insultes contre ʿAlī dans les sermons du vendredi et les remplaça par le verset : « Dieu commande la justice, la bienfaisance et la générosité envers les proches… » (16:90). Il fit cesser des taxes injustes et rétablit la justice dans les provinces, au point que, selon les récits, on ne trouvait plus de pauvres à qui donner la zakāt dans certaines régions.

C’est aussi lui qui ordonna à Abū Bakr ibn Ḥazm et à az-Zuhrī de mettre par écrit les hadiths, de peur que la science ne disparaisse avec les savants. Ce fut le premier rassemblement officiel de la Sunna.

Les savants des quatre écoles le citent souvent, et l’imam ash-Shāfiʿī disait : « Les califes sont cinq : Abū Bakr, ʿUmar, ʿUthmān, ʿAlī et ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz. »

La crainte de la mort

Saʿīd ibn Abī ʿArūba rapporte que tout son corps tremblait quand il évoquait la mort. Adh-Dhahabī cite des vers qu’on lui attribue :

أَيَقْظَانُ أَنْتَ اليَوْمَ أَمْ أَنْتَ نَائِمُ … وَكَيْفَ يُطِيقُ النَّوْمَ حَيْرَانُ هَائِمُ نَهَارُكَ يَا مَغْرُورُ سَهْوٌ وَغَفْلَةٌ … وَلَيْلُكَ نَوْمٌ وَالرَّدَى لَكَ لَازِمُ

« Es-tu éveillé aujourd’hui, ou bien dors-tu ? Comment l’égaré qui erre pourrait-il dormir ? Ton jour, ô toi qui te laisses tromper, n’est qu’oubli et négligence, ta nuit n’est que sommeil, et la mort ne te quitte pas. »

Et encore :

وَلَا خَيْرَ فِي عَيْشِ امْرِئٍ لَمْ يَكُنْ لَهُ … مِنَ اللهِ فِي دَارِ القَرَارِ نَصِيبُ

« Il n’y a pas de bien dans la vie d’un homme qui n’a pas, auprès de Dieu, de part dans la demeure éternelle. »

Sa mort

Il mourut à trente-neuf ans, peut-être empoisonné, à Dayr Simʿān, près d’Alep. Sur son lit de mort, il récita : « Cette demeure de l’au-delà, Nous la donnons à ceux qui ne recherchent ni l’orgueil sur terre ni la corruption. Et la fin heureuse appartient aux pieux » (28:83).

Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 5, n° 48.

Oeuvres notables

Aucun livre. Ses lettres aux gouverneurs et ses décisions sont rapportées par Ibn Saʿd, Ibn ʿAbd al-Ḥakam et d’autres.