Umm Ḥabība
La fille d’Abū Sufyān
Umm Ḥabība Ramla bint Abī Sufyān ibn Ḥarb al-Umawiyya, sœur de Muʿāwiya, était la fille d’Abū Sufyān, chef de Quraysh dans la lutte contre l’islam. Elle mourut à Médine en 44 H (664). Adh-Dhahabī souligne dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ qu’« aucune des épouses du Prophète ﷺ n’était plus proche de lui par la généalogie, aucune n’eut une dot plus élevée, et aucune ne fut épousée en étant aussi loin de lui ».
L’épreuve de l’exil
Elle embrassa l’islam très tôt avec son mari, ʿUbayd Allāh ibn Jaḥsh, et émigra avec lui en Abyssinie. Là-bas, son mari se convertit au christianisme et mourut. Elle resta seule, musulmane, loin de sa famille restée polythéiste, avec sa fille Ḥabība.
Un mariage célébré par le Négus
Le Prophète ﷺ la demanda en mariage par l’intermédiaire du Négus, roi d’Abyssinie. Le contrat fut conclu en Abyssinie ; le Négus lui-même versa une dot de quatre cents dinars au nom du Prophète ﷺ et lui offrit un trousseau. Elle rejoignit ensuite Médine.
Fidèle à la religion avant le sang
Quand Abū Sufyān vint à Médine, avant la conquête de La Mecque, pour renouveler la trêve, il voulut s’asseoir sur le tapis du Prophète ﷺ. Umm Ḥabība le replia aussitôt. Étonné, il demanda pourquoi. Elle répondit : « C’est le tapis du Messager de Dieu ﷺ, et tu es un polythéiste impur. » Son père lui dit : « Un mal t’a atteinte après moi, ma fille. »
La transmission
On lui attribue soixante-cinq hadiths. Elle rapporta notamment la parole : « Celui qui prie douze rakʿas surérogatoires par jour, Dieu lui construit une maison au Paradis » (Muslim), à l’origine des sunnas régulières reconnues par les quatre écoles. Ses frères Muʿāwiya et ʿAnbasa, ainsi que ʿUrwa ibn az-Zubayr, rapportèrent d’elle.
Avant de mourir, elle fit appeler ʿĀʾisha et Umm Salama pour leur demander pardon de ce qui pouvait se passer entre épouses, et elles se pardonnèrent mutuellement.
Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 23.