Umm Kulthūm bint ʿUqba
L’émigrée qui fit descendre un verset
Umm Kulthūm bint ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ al-Umawiyya, de Quraysh, était la fille de l’un des pires ennemis du Prophète ﷺ et la demi-sœur de ʿUthmān ibn ʿAffān par sa mère. Elle mourut sous le califat de ʿAlī. Adh-Dhahabī la compte dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ parmi « les émigrées ».
La fuite
Elle embrassa l’islam à La Mecque mais ne put émigrer qu’en 7 H, après le traité d’al-Ḥudaybiya. Elle partit seule, à pied, jusqu’à Médine. Ses deux frères, al-Walīd et ʿUmāra, la poursuivirent et réclamèrent au Prophète ﷺ qu’il la leur rende, conformément au traité qui prévoyait le retour de ceux qui venaient de La Mecque.
L’examen
Dieu révéla alors : « Ô vous qui croyez, quand les croyantes viennent à vous en émigrées, examinez-les ; Dieu connaît mieux leur foi. Si vous constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants » (60:10). Le Prophète ﷺ interrogeait alors les femmes : « Par Dieu, n’êtes-vous sorties que par amour de Dieu, de Son Messager et de l’islam ? Pas pour un mari ni pour de l’argent ? » Les femmes émigrées ne furent donc pas rendues. Les juristes en ont déduit que le traité ne concernait que les hommes, et que la religion d’une femme ne peut être négociée.
Une vie à Médine
Elle épousa successivement Zayd ibn Ḥāritha, puis ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf, dont elle eut Ibrāhīm et Ḥumayd, puis ʿAmr ibn al-ʿĀṣ. Ses fils transmirent ses hadiths, dont celui-ci : « N’est pas menteur celui qui réconcilie les gens en disant du bien ou en rapportant du bien » (al-Bukhārī et Muslim), à la base de la permission de l’embellissement des paroles pour réconcilier, reconnue par les écoles.
Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 49.