Umm ʿUmāra Nusayba bint Kaʿb
La combattante d’Uḥud
Umm ʿUmāra Nusayba bint Kaʿb ibn ʿAmr al-Anṣāriyya, de la famille des Banū Māzin ibn an-Najjār à Médine, est l’une des femmes les plus célèbres de la génération des compagnons. Adh-Dhahabī la présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « la vertueuse, la combattante », et ajoute : « Elle fut présente à la nuit d’al-ʿAqaba, à Uḥud, à al-Ḥudaybiya, à Ḥunayn et à al-Yamāma ; elle combattit et accomplit des exploits ; sa main fut tranchée au combat. »
Le serment d’al-ʿAqaba
Elle fut l’une des deux seules femmes présentes au second serment d’al-ʿAqaba, quand les Anṣār prêtèrent allégeance au Prophète ﷺ avant l’Hégire.
Uḥud
À Uḥud, elle sortit pour donner à boire aux blessés, avec une outre. Quand les musulmans se dispersèrent et que l’ennemi atteignit le Prophète ﷺ, elle prit l’épée et l’arc pour le défendre, son vêtement serré autour de la taille, avec son mari Ghaziyya et ses deux fils. Elle reçut douze ou treize blessures ; la plus grave, un coup d’épée d’Ibn Qamīʾa sur l’épaule, mit un an à guérir. Le Prophète ﷺ disait : « De quelque côté que je me tournais ce jour-là, je la voyais combattre pour me défendre. » Il dit aussi : « La place de Nusayba aujourd’hui vaut mieux que celle d’untel et untel. » Elle lui demanda d’invoquer pour qu’ils soient ses compagnons au Paradis ; il dit : « Ô Dieu, fais d’eux mes compagnons au Paradis. » Elle répondit : « Peu m’importe désormais ce qui m’atteindra en ce monde. »
Le lendemain, quand le Prophète ﷺ appela à poursuivre l’ennemi jusqu’à Ḥamrāʾ al-Asad, elle voulut partir, mais perdait trop de sang.
Al-Yamāma
Son fils Ḥabīb fut tué par Musaylima, qui l’avait torturé pour lui faire renier le Prophète ﷺ. Sous Abū Bakr, elle partit combattre à al-Yamāma. Elle y reçut onze blessures et perdit une main ; son autre fils, ʿAbd Allāh, participa à la mort de Musaylima.
On rapporte qu’elle demanda au Prophète ﷺ : « Je vois que tout est mentionné pour les hommes, et que les femmes ne sont mentionnées de rien. » C’est à cette occasion, selon certains récits, que fut révélé le verset : « Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes… » (33:35).
Série « Savantes et compagnes » de TAHA ACADEMY. Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 50.