ʿUrwa ibn az-Zubayr
Le savant de Médine et l’historien de la Sīra
Abū ʿAbd Allāh ʿUrwa ibn az-Zubayr ibn al-ʿAwwām al-Asadī, fils d’az-Zubayr, « l’apôtre (ḥawārī) du Messager de Dieu ﷺ », et d’Asmāʾ bint Abī Bakr, naquit à Médine vers 23 H et y mourut en 94 H (713). Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le savant de Médine, l’un des sept juristes ».
L’élève de sa tante ʿĀʾisha
Trop jeune pour beaucoup apprendre de son père, il s’attacha à sa tante ʿĀʾisha, mère des croyants, et devint le meilleur connaisseur de ses hadiths. Il apprit aussi de ʿAlī, d’Abū Hurayra, d’Ibn ʿAbbās, de Zayd ibn Thābit et de nombreux autres. Ses élèves furent ses fils, dont Hishām, ainsi qu’az-Zuhrī et Abū z-Zinād.
Il disait : « Je voyais ʿĀʾisha comme la personne la plus savante en Coran, en obligations, en licite et illicite, en poésie, en histoire des Arabes et en généalogie. »
Le premier historien
ʿUrwa est l’un des premiers à avoir rassemblé les récits des expéditions du Prophète ﷺ (al-maghāzī). Ce qu’il transmit à az-Zuhrī fut repris par Mūsā ibn ʿUqba et Ibn Isḥāq : toute la sīra écrite en dépend. Il répondait aussi par lettres aux questions du calife ʿAbd al-Malik sur l’histoire du Prophète ﷺ.
L’épreuve
À l’occasion d’un voyage à Damas, une gangrène atteignit son pied, et les médecins durent amputer sa jambe. On lui proposa un breuvage pour l’endormir ; il refusa et demanda qu’on opère pendant qu’il priait. Le même voyage, l’un de ses fils mourut, piétiné par un cheval. Il dit seulement : « Ô Dieu, Tu m’avais donné quatre membres, Tu en as pris un et laissé trois ; Tu m’avais donné des fils, Tu en as pris un et laissé les autres. Louange à Toi. » Il récita le verset : « Nous avons rencontré la fatigue dans ce voyage » (18:62).
Sa pratique
Il récitait chaque jour un quart du Coran en lisant dans le muṣḥaf, et le reprenait dans la prière de la nuit ; il ne l’abandonna que la nuit de son amputation. Il ouvrait son verger aux gens à la saison des dattes en récitant : « Ce que Dieu veut ; il n’y a de force qu’en Dieu » (18:39).
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 4, n° 168.