Yaḥyā ibn Maʿīn
Le maître de la critique des transmetteurs
Abū Zakariyyā Yaḥyā ibn Maʿīn al-Murrī al-Baghdādī naquit en 158 H et mourut à Médine en dhū l-qaʿda 233 H (848), sur le chemin du pèlerinage. Il fut lavé, dit-on, sur la planche qui servit à laver le Prophète ﷺ et porté sur un brancard, tandis qu’on proclamait : « Voici celui qui écartait le mensonge du Messager de Dieu ﷺ. » Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ comme « l’imam, le ḥāfiẓ, le critique, le maître des traditionnistes ».
Un million de hadiths
Son père lui laissa une grosse fortune, qu’il dépensa entièrement pour le hadith, au point de ne plus avoir de sandales. Il disait : « J’ai écrit de ma main un million de hadiths. » Il écrivait même les récits mensongers, pour les reconnaître : « Nous les écrivons pour savoir qu’ils sont faux. »
La science des hommes
Il est l’un des fondateurs de la science du jarḥ wa taʿdīl, l’évaluation des transmetteurs. Ses jugements, rassemblés par ses élèves, sont la base des grands dictionnaires de transmetteurs. Aḥmad ibn Ḥanbal disait : « Un hadith que Yaḥyā ibn Maʿīn ne connaît pas n’est pas un hadith. » ʿAlī ibn al-Madīnī disait : « La science des hommes a abouti à Yaḥyā ibn Maʿīn. »
Une rigueur qui coûtait
Sa sévérité lui valut des inimitiés. Il disait : « Nous critiquons des gens qui ont peut-être déjà posé leurs bagages au Paradis depuis deux cents ans. » Il assumait cette responsabilité pour protéger la Sunna.
Ses élèves
Al-Bukhārī, Muslim, Abū Dāwūd et de nombreux autres apprirent de lui. Il était aussi l’ami intime d’Aḥmad ibn Ḥanbal, avec qui il voyagea au Yémen auprès de ʿAbd ar-Razzāq.
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 11, n° 28.