Zayd ibn Thābit
Le scribe de la révélation et le maître des parts d’héritage
Abū Saʿīd (ou Abū Khārija) Zayd ibn Thābit ibn aḍ-Ḍaḥḥāk al-Anṣārī an-Najjārī, de Médine, perdit son père avant l’Hégire, à la bataille de Buʿāth, et grandit orphelin. Il mourut à Médine vers 45 ou 56 H selon les récits. Adh-Dhahabī le présente dans Siyar aʿlām an-nubalāʾ (t. 2, n° 85) comme « le grand imam, le maître des lecteurs du Coran et des spécialistes des parts d’héritage, le mufti de Médine, le scribe de la révélation ».
Un enfant brillant
Il embrassa l’islam à onze ans, à l’arrivée du Prophète ﷺ à Médine. Il était, dit adh-Dhahabī, « l’un des esprits les plus vifs ». Le Prophète ﷺ lui demanda d’apprendre l’écriture des juifs pour lui lire leurs lettres et rédiger ses réponses : « Je ne leur fais pas confiance. » Zayd raconte qu’il l’apprit en quinze nuits environ.
Le scribe de la révélation
Il devint le principal scribe de la révélation : quand un passage descendait, le Prophète ﷺ le faisait appeler pour l’écrire. Il récita le Coran au Prophète ﷺ, et assista, selon les récits, à la dernière récitation complète que le Prophète ﷺ fit avec Gabriel, l’année de sa mort.
Deux fois au service du Coran
- Sous Abū Bakr, après la bataille d’al-Yamāma, c’est lui que ʿUmar et Abū Bakr chargèrent de rassembler le Coran en un seul recueil. Il raconte : « Par Dieu, s’ils m’avaient demandé de déplacer une montagne, cela m’aurait été moins pénible. » (al-Bukhārī)
- Sous ʿUthmān, il présida la commission chargée de copier les muṣḥafs envoyés dans les provinces.
Abū ʿAbd ar-Raḥmān as-Sulamī, l’élève de ʿAlī, disait avoir comparé la lecture de ʿAlī à celle de Zayd : elles ne différaient que sur l’écriture d’un seul mot, at-tābūt.
Le juriste des héritages
Le Prophète ﷺ dit : « Le meilleur connaisseur des parts d’héritage de ma communauté est Zayd. » En matière d’héritage, les avis de Zayd sont devenus la base de la doctrine des quatre écoles, notamment chez Mālik et ash-Shāfiʿī, qui le suivent presque systématiquement dans cette matière.
ʿUmar lui confiait Médine quand il partait en pèlerinage, et c’est lui qui répartit le butin à al-Yarmūk. Ibn ʿAbbās, malgré sa parenté avec le Prophète ﷺ, lui tenait l’étrier par respect pour sa science, en disant : « C’est ainsi qu’on nous a appris à agir avec nos savants. »
Sa mort
À sa mort, Abū Hurayra dit : « Aujourd’hui est mort le savant de cette communauté. Peut-être Dieu donnera-t-Il en Ibn ʿAbbās un successeur. »
Source principale : adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. ar-Risāla, t. 2, n° 85.